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(rafhan) the wave i could never tame.

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Rafe
church of second chance
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MessageSujet: (rafhan) the wave i could never tame.   Mer 14 Juin - 17:05

THE WAVE I COULD NEVER TAME
siobhan & rafe
As if the first cut wasn't deep enough, I dove in again 'cause I'm not into giving up. Could've gotten the same rush from any lover's touch, why get used to something new? 'Cause no one breaks my heart like you. And you kiss me, and you wish we could see what happens next. For a moment, I can forget what happens in my head. If I doubt you, will you come through with a happy second chance? A happy ending but this time you don't leave me sinking


Aujourd'hui, un autre prêtre allait prendre en charge la messe hebdomadaire. Il allait devoir écouter les complaintes et la noirceur des habitants de Varakes, avant de pouvoir noyer sa peine dans l'eau sainte, mais surtout de vie, à base de lilas. Je finirais par trouver les moins croyants parmi les prêcheurs. Ils étaient pires que les faux aveugles ou les faux miséreux. J'avais envie, par moment, de les exposer, en place publique et de leur faire subir les saintes ordalies, pour tester leur foi envers Dieu. Mais ce n'était pas ma mission. Karma s'en chargeait à merveilles. Tellement qu'elle devenait le bourreau de Dieu, alors que je m'efforçais d'en être le berger, pour ramener les brebis égarées dans un chemin hors de danger et hors de portée de cette folie qui nous guettait tous. Je préférais des actions ciblées, bénéfiques, plutôt que de prêcher dans le vide, un peu comme le vieux fou du coin qui hurle à la mort, dans l'espoir d'obtenir la pièce et survivre le lendemain. Je ressentais le besoin de sortir des rues de la ville et de trouver l'inspiration divine. Idée en tête, j'avais forcé une des fidèles, Siobhan, à me rejoindre. Forcée, parce qu'elle n'avait pas eu une seule once de choix. C'était venir avec moi ou finir sur l'autel de prières, à prêcher pendant deux heures auprès du Père Gérard. Exceptionnellement, j'avais laissé de côté le costume, n'arborant simplement que la broche de l'Eglise. Près de l'eau, je déplie une nappe sur la plage et sors quelques boites contenant de la nourriture au cas où. Quitte à prier, autant avoir le ventre plein. Un ventre vide est une âme vide et donc encline à la tentation et à la déviance. Je m'étire, pensant au bus qui en étant réaménagé pourrait faire un sublime church-o-bus, où les croyants pourraient prier en paix et avec ferveur, à l'abri des regards inquisiteurs, sans se soucier du volume et du poids des mots composant leurs prières. Soudainement, j'entends du bruit et me retourne aussitôt arborant un large sourire conquis.« Siobhan ! Dieu vous a donné la foi !» Je m'approche et me prends le pied dans une tronc. A défaut de me vautrer sur le sol, la sauce du sandwich que je tenais vient s'écraser sur son haut et son visage angélique. « Oh, ah.. Hm, Dieu aime tester notre foi. Faut pas lui en tenir rigueur. Il s'occupe comme il peut. » J'échappe un rire nerveux alors que je finis par porter ma main sur mon front. « Peut-être que c'est sa façon de montrer que t'as bien fait de venir. Si seulement Père Gérard était là pour nous aider à interpréter Ses signes. » Je joins mes deux mains et implore le ciel avant de faire un clin d'oeil à la jeune croyante. Heureusement qu'il n'était pas là celui-là. Quoique, il aurait rejoint notre Seigneur plus tôt qu'il ne l'avait prévu et jamais osé.
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Siobhan
church of second chance
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MessageSujet: Re: (rafhan) the wave i could never tame.   Jeu 15 Juin - 19:12

THE WAVE I COULD NEVER TAME
siobhan & rafe
As if the first cut wasn't deep enough, I dove in again 'cause I'm not into giving up. Could've gotten the same rush from any lover's touch, why get used to something new? 'Cause no one breaks my heart like you. And you kiss me, and you wish we could see what happens next. For a moment, I can forget what happens in my head. If I doubt you, will you come through with a happy second chance? A happy ending but this time you don't leave me sinking


Elle s’était piqué le pouce en voulant accrocher sa broche, une minuscule larme de sang avait perlé sur sa peau qu’elle dut se contenter d’aspirer dans la précipitation. Seulement, la colombe sur sa poitrine n’était pas là en guise de signe de reconnaissance auprès de ses pairs mais en guise de preuve de sa foi, comme si cela suffirait à le berner. A défaut, elle pourrait témoigner de sa bonne volonté et la dissocier de l’hérétique. Elle essayait, l’on ne pouvait pas lui en vouloir, d’autant que si elle ne serait pas sur les bancs de l’Église ce n’était pas de son chef. Elle avait été appelée par Père Rafe à se rendre aux bordures de la ville, sur une plage fréquentée uniquement par les plus avertis sur la péninsule, et si elle s’était contenté d’acquiescer à sa demande, cette dernière l’avait alarmé. L’appréhension que des paroles allant à l’encontre des préceptes enseignés se soient échappées de ces lèvres pour finir dans des oreilles colporteuses l’avait saisi aussitôt, craignant des reproches voire une sanction pour ses manquements. Elle ne faisait certes pas partie des plus fanatiques mais la church of seconde chance restait son refuge, ce qui lui permettait de donner un sens à sa présence ici et le lieu dans lequel elle aimait se replier lorsque les choses lui paraissaient insignifiantes sans souvenirs de ce qui avait été, elle ne voulait pas en être écartée. Elle n’était pas même certaine qu’elle pouvait se permettre d’en être écartée, d’être reléguée au rang de poupon ayant lâché la main de sa mère et qui peine maintenant à retrouver son chemin sans pleurnicher. Mais la question de ce qu’il adviendra d’elle si elle venait à être rejetée de ses pairs ne se posait pas encore, pas tant qu’elle ne parvenait pas à trouver son chemin jusqu’au point de rendez-vous, sans pleurnicher pour le coup.

Enfin, elle aperçut la silhouette qui l’attendait au loin et s’approcha en sa direction, retirant ses chaussures pour mieux avancer. Dès qu’elle fit suffisamment près de lui pour qu’il la remarque, il se retourna pour l’accueillir chaudement mais son enthousiasme le conduit à s’emmêler les pieds et se prendre les pieds dans un tronc et si la scène aurait pu être comique, la sauce s’échappant du sandwich dans sa main pour la frapper en plein visage et se répandre sur son haut l’était bien moins, en ce qui la concernait. « Mon père... Du bout des doigts, elle essuya la sauce ayant éclaboussé son visage, jetant au sol ce qu’elle avait amassé sur ces derniers d’un geste sec de la main. Il teste la foi de tous les fidèles en reversant de la mayonnaise sur eux? demanda-t-elle en attrapant une serviette déposée sur la nappe à ses pieds pour s’essuyer la main et éponger son haut afin de limiter les dégâts autant que possible. Elle ne put cependant s’empêcher de rire aux mimiques du Père Rafe lorsque son confrère fut mentionné. Pitié, il aurait fait mine de devoir s’approcher au plus près pour observer la forme des taches pour mieux interpréter Sa parole divine. Et puis je pensais que tout l’intérêt de m’avoir fait venir ici était pour m’épargner sa bonne parole. glissa-t-elle avec un sourire en coin malicieux. Père Gérard était on ne peut plus louche, aussi louche que pouvait l’être ces hommes mûrs aux bonbons plein les poches, les tendant aux plus jeunes passants avec des regards lourds de sens, dont on souhaiterait se débarrasser en se frottant avec la peau avec du savon jusqu’à ce qu’elle en soit irritée, pour se sentir véritablement propre après cela. Honnêtement, s’il y avait bien quelqu’un qui pouvait être la preuve vivante des enseignements de la church, c’est bien Père Gérard. Nul doute qu’il avait dû commettre des actes très discutables dans sa vie d’antan. Le pauvre malheureux ne maîtrisait pas non plus l’art oratoire alors elle n’allait pas cracher sur l’opportunité d’échapper à ces deux heures interminables en sa compagnie. Père Rafe avait le mérite d’être plus agréable et sympathique, sans mentionner le fait qu’il avait la décence de la regarder dans les yeux, à moins que son nez plongé dans les textes saints ne soit qu’une façade bien qu’elle en doutait. J’aurais ramené quelque chose si j’avais su. Elle lança un regard gêné à la nourriture étalée entre eux, n’ayant pas pris la peine d’emporter quoi que ce soit, s’attendant seulement à faire l’objet d’un sermon personnalisé et de réprimandes. J’ai raté le mémo qui disait qu’il fallait aussi amener son maillot de bain? Faussement moqueuse, elle baissa les yeux pour observer sa tenue, avec les taches de sauce encore bien visibles sur ses vêtements, fruit des amusements de Sa grâce divine ou, si l’on se débarrassait des excuses données, de la maladresse cocasse du Père Rafe. D’ailleurs, pourquoi avoir voulu me voir ici, l’on aurait pu discuter à l’Église après le sermon de Père Gérard. A moins qu’il ne vous passionne pas autant qu’il ne devrait. Il est pourtant charmant. Je ne l’ai jamais vu asperger un adepte de sauce, par exemple. » Du moins pas au sens littéral du terme. Au sens figuré, non plus, Dieu merci, grand bien lui fasse.
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Rafe
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MessageSujet: Re: (rafhan) the wave i could never tame.   Ven 16 Juin - 12:18

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Lorsque les conversations discrètes avaient lieu, il y avait toujours cette forme d'appréhension dans le regard du fidèle, et non pas dans celui du croyant. Le croyant, n'avait rien à craindre alors que le fidèle lui, était encore soumis aux diverses dispersions de son chemin de foi, sain et exempt de tout détournement de foi. La foi permettait d'oublier les si, et là, le sol n'avait jamais semblé aussi confortable et certain. J'avais remarqué ce voile dans les iris bleutées de Siobhan. Je le voyais, souvent et parfois même mes yeux en étaient recouverts. Du moins, ils l'avaient été. Les sermons ne suffisaient pas toujours, parfois il fallait privilégier la pratique de la foi à sa théorie. La pratique était constante, sans forcément en avoir conscience. Et c'était dans l'inconscience que l'action, bonne, était aussi belle. Elle n'avait jamais rien eu à craindre de moi. Malgré les mots illuminés, malgré les cicatrices encore bien trop visibles, non je n'étais pas de ceux qui devenaient instrument du chaos pour accomplir leur mission à Varakes. Une inquiétude sincère me prenait alors, parce que le doute ne faisait que pousser à l'indécision, aux chemins tortueux et au danger inutile. Seule l'Eglise pouvait protéger nos âmes éperdues et éconduites. Je ne voulais pas qu'elle se perdait. Elle m'inspirait plus que ne devrait une simple fidèle. Je sentais qu'un lien de confiance pouvait s'établir, malgré nos différences. Il n'était pas question de rejet, ni de punition. Non, ce n'était qu'une inquiétude sincère, formulée à son égard, que je souhaitais amoindrir, à défaut de la voir disparaître.

Mon enthousiasme m'avait conduit à l'imprudence, et l'imprudence aux dégâts. Je déglutis devant elle, plaisante parce qu'il n'y a rien d'autre à faire dans ces moment-là et arque un sourcil avant de me remettre à rire. « Oh quand c'est pas trop grave, la mayonnaise suffit. Et quand il décide de se venger de quelque chose, parfois c'est du vin rouge, artisanal, avec du colorant. S'il y a bien une chose que j'ai compris, c'est qu'il aime laisser sa marque. » Je fixe sa broche un instant et désigne de mon index les nouvelles tâches et laisse mon regard se poser sur son visage un court instant. J'entends son rire, et mes traits se détendent à leur tour. Je craignais qu'elle ne prenne peur ou qu'elle me fasse subir une ordalie pour avoir sali son haut. Et dire que le Père Gérard avait voulu tenir compagnie à Siobhan maintes et maintes fois. Il était probablement le visage le plus terrifiant de l'Eglise. Il avait insisté, lourdement pour m'accompagner. Dès que je lui avais parlé du lieu et des possibles exercices physiques, le vieux Père décida que d'autres obligations le liaient. Je ris avec la jeune croyante, imaginant parfaitement le vieil homme procédé ainsi. « Je peux rien te cacher. C'était pour t'épargner, lui et ses postillons. Parfois j'ai l'impression que la toge ne suffit pas et qu'il faudrait un imperméable. » Mes lèvres s'étirent, dissimulant un air mutin alors que je l'invite à prendre place à mes côtés. Père Gérard était toujours relégué aux pires horaires de messe, parce que personne ne l'appréciait réellement. Un croyant dans son tempérament ne m'aurait pas dérangé mais un prêtre ? Quel manque de décence. La broche connaissait des temps difficiles, avec des lendemains qui s'annonçaient compliqués pour tout un chacun. Notre rôle était de les guider, dans la voie du bon et du correct pour s'assurer qu'aucun membre ne serait laissé pour compte. Même les pires pécheurs. Si Dieu était capable d'accorder une seconde chance, qui étions-nous, pauvres humains pour en douter ? Je m'égare un instant avant de secouer la tête et de revenir à Siobhan. Elle semble gênée de se retrouver avec de la nourriture, et visiblement de ne rien avoir apporté. « Ce n'était pas la peine Siobhan. Un estomac plein est toujours plus enclin à embrasser la Foi et c'est le boulot de l'Eglise de remplir les réservoirs. Enfin, façon de parler. Tu répares les corps, je répare les âmes, du moins j'essaie. » Je m'énerve sur un emballage de sauce ketchup, qui finit par éclater entre mes doigts. « Qu'est-ce que je t'avais dit. Un test continu. » Je lui souris et essuie, sans aucune délicatesse, mon visage et mon t-shirt avec une serviette. Je me tourne vers elle et la fixe un léger instant, il était temps d'être honnête. « Pour être honnête.. Je pensais pas qu'on allait se baigner, j'ai parlé de cette plage pour faire fuir Père Gérard. La moindre activité sportive lui donne des relents. Entre toi et moi, je l'ai jamais compris, même quand il parlait sobrement et je pense qu'il vaut mieux être aspergé par de la mayonnaise que sa bave. » Je rejoins mes deux mains et demande pardon pour être aussi médisant. Et puis, je me rends compte que l'objectivité, aussi médisante puisse t-elle être, restait une réalité. Je ris à ses mots et lui sers de quoi boire et manger. « Siobhan, ces derniers temps je te sens détachée, presque distante et.. est-ce que tout va bien ? » Je ne voulais pas recommencer mes erreurs, à foncer dans le tas et finir dans un pot de fleur. « Oh et tu peux m'appeler Rafe et me tutoyer, j'ai pas encore toute la sagesse de Père Gérard pour mériter le vouvoiement. » J'essaie de la faire rire, ou au moins de la faire sourire alors que je replis mes genoux et croise mes bras. Je contemple l'eau, et deviens plus apaisé devant un tel spectacle. Je me rendis compte que Varakes était une ville épuisante et qu'il n'y avait aucun mal à se ressourcer.
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Siobhan
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MessageSujet: Re: (rafhan) the wave i could never tame.   Sam 17 Juin - 19:09

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Elle s’était attendue à beaucoup de choses dès lors que la rencontre avait été prévue entre eux deux ; le ton qu’il pourrait employer, les blâmes qu’elle recevrait, son inquiétude dans sa voix semblable à ce que doit ressentir un berger dont une brebis s’est égarée, déviant du droit chemin pour se perdre dans les méandres de la nature, un retour à l’état sauvage après s’être débarrassé des comportements instruits par l’Homme et au débat essentiel entre l’inné et l’acquis. Peut-être n’était-elle qu’une brebis qu’il fallait ramener au troupeau à ses yeux et peut-être n’étaient-ils que des sauvages se forçant à se montrer civil en raison de préceptes moraux dépassés. S’ils avaient droit à une seconde chance, c’est qu’ils avaient anéanti leur première car ils s’étaient défaits de l’acquis pour revenir à l’inné. Elle ignorait si ne pas avoir une foi inébranlable équivalait à se détourner du chemin miséricordieux, la faisant retourner directement au rang de sauvage pour ce Dieu mystérieux, mais c’était un faux pas nécessaire pour que Père Rafe tente de la dissuader d’aller plus loin. Oui, elle s’était attendue à beaucoup de choses mais pas à recevoir de la sauce mayonnaise sur le visage et ses vêtements dès son arrivée. Situation déplaisante, qui aurait pu l’agacer si la maladresse n’était pas sincère et que Père Rafe n’avait pas plaisanté à ce propos. Il la fit rire et en oublia d’être exaspérée, préférant retirer ce qu’elle pouvait de son haut avec une mince serviette en papier. « Heureuse de savoir que je ne mérite pas le vin rouge. glissa-t-elle avec un sourire en finissant d’éponger le tissu avant que le sujet ne soit dévié sur Père Gérard qui, heureusement, ne semblait pas porter une grande estime aux yeux du Père Rafe. Au moins un sujet avec lequel elle pourrait être ce qui se rapprochait le plus d’une sincérité véritable avec le prêtre. Pas qu’il lui inspirait de la méfiance contrairement à son confrère, s’il ne portait pas habituellement cette toge qui le distançait automatiquement d’elle de par sa foi bien plus assurée que la sienne, elle aurait certainement pu se confier auprès de lui sans qu’elle n’ait à craindre un quelconque jugement de sa part, un regard condescendant et un avertissement mauvais sur ce qui l’attendait si elle ne venait pas à mettre ses idées en place rapidement, sans quoi l’ire divine s’abattrait sur elle dès lors que son cœur aura cessé de battre. Ses plaisanteries sur le Père Gérard avaient le mérite de la faire rire et lui faire oublier leurs différences. Je n’ai jamais eu le privilège de me tenir aussi près de lui mais je veux bien vous croire. Au moins je sais quoi vous offrir pour votre anniversaire. Ils font des imperméables transparents maintenant, très seyants et l’on pourra toujours voir votre toge au travers. Par contre, j'ai peur qu’une cagoule ou une distance de sécurité entre vous soient les seules solutions pour épargner votre visage. Ses lèvres esquissant toujours un sourire plaisantin, elle s’assit aux côtés de Père Rafe, croisant ses jambes en dessous d’elle tout en attrapant un brin d’herbe pour le faire tournoyer entre ses doigts, gêné de voir la nourriture étalée devant elle alors qu’elle était venue les mains vides, même s’il tenta de la rassurer à ce propos, ce à quoi elle lui répondit par un sourire poli mais non moins embarrassé. C’est une façon de voir les choses. Mais j’ai juste l’impression de manquer de manières quand je vois tout ce que vous avez apporté. »

Son malaise ne dura cependant pas plus longtemps, car dès qu’elle eut fini de prononcer ces mots en observant Père Rafe se battre avec l’emballage d’une autre sauce, que l’emballage lui éclata entre les doigts, l’aspergeant à son tour de sauce rouge cette fois-ci. Elle voulait désespérément éclater de rire mais s’en retint, difficilement, pouffant de rire entre ses lèvres mais feignant exagérément un air sérieux et austère dès qu’elle croisa son regard, avant de lui demander, avec autant de sérieux que possible : « Les taches de ketchup ont-elles une signification particulière à Ses yeux ou il s'agit simplement d'un juste milieu entre la mayonnaise et le vin rouge? Lui souriant, elle l’observa un instant faire de son mieux pour se débarrasser à son tour de la sauce qui s’était propagée sur lui, se sentant assez à l’aise pour plaisanter avec lui, comme s’ils n’avaient pas cette relation complexe et difficile à appréhender qu’était celle entre un prêtre et son fidèle. Pour être honnête, je n’arrive pas à rester concentrée suffisamment longtemps quand il parle pour pouvoir le comprendre. Mais si je venais à être assez proche de lui pour recevoir ses postillons, je pense que sa bave serait le cadet de mes soucis. C’est une bonne chose que vous l’ayez dissuadé de venir, j’aurais eu trop peur de finir seule avec lui sur cette plage pour venir. » dit-elle en riant, comme si cela paraissait aisé de discuter avec légèreté avec Père Rafe, plus qu’elle ne l’aurait cru. Il parvenait à la détendre suffisamment pour qu’elle puisse se permettre de s’amuser de ses plaisanteries et d’en faire à son tour, même lorsqu’elle craignait le moment où il aborderait la raison de leur présence ici, ce qu’il ne tarda d’ailleurs pas à faire.

Lorsque le sujet fâcheux fut enfin abordé, elle leva rapidement les yeux vers lui avant de les baisser immédiatement, ne souhaitant pas croiser son regard instigateur, de peur que ses yeux révèlent les doutes qui l’assaillaient et qu’elle ne saurait taire. Elle resta silencieuse un instant afin de trouver les mots, certainement pas ceux qu’il attendait mais ceux qu’elle était confortable à l’idée de prononcer en sa présence et plus particulièrement, en la présence de sa broche sur sa poitrine mais voilà qu’il reprit la parole, ses yeux se levant instinctivement vers les siens. « D’accord, Rafe. dit-elle, en esquissant un sourire timide avant de baisser le regard à nouveau. Cela lui paraissait étrange de s’adresser à lui mais elle en avait eu l’autorisation et ne pouvait donc que se le permettre, ayant été incongru de ne pas saisir l’opportunité de rendre l’échange moins formel. De toute manière, tout n’était qu’une question d’habitude et elle finirait pas s’y faire, tôt ou tard. Je suis juste fatiguée, je suppose. Elle haussa les épaules pour signifier son incertitude tout en posant son regard sur les vagues au loin, comme s’ils ne connaissaient pas tous deux la véritable réponse à cette question. Elle se doutait bien de ce qu’il souhaitait dire par là mais elle décida de répondre de manière superficielle, sans aborder le véritable problème, se fourvoyant et lui faisant perdre son temps. Ça a été un peu mouvementé au travail ces temps-ci alors ça a dû jouer sur mon attention à l’Église. Certes, ils avaient eu plus d’activité qu’à l’habitude à l’hôpital mais ce qui l’avait vraiment agité, c’était ce souvenir indéchiffrable mais ces quelques mots insignifiants devront lui faire l’affaire. Mais c’était pas volontaire, j’essaierai d’être plus attentive maintenant. Son regard se reposa sur le sien, pour témoigner de sa bonne volonté au travers de ses yeux mais également pour scruter les siens afin de déterminer si ce n’était que les prémices de ce qu’il souhaitait véritablement lui dire et lui demander. Enfin, je ne promets rien si c’est Père Gérard qui est en charge de la messe, il faudra m’excuser. Ou alors, il me faudra un traducteur mais si même toi tu n’arrives pas à le comprendre alors qu’il n’a même pas un verre dans le nez, je pense qu’il n’y a plus aucun espoir pour moi. Elle souriait à nouveau dans l’unique but de diffuser la tension qu’elle était probablement la seule à ressentir. Cela n’aidait pas de le tutoyer, lui donnant l’illusion qu’ils étaient des semblables alors qu’il demeurait une barrière entre eux, invisible sans sa toge pour les dissocier mais tout de même présente. Comment se fait-il qu’il ait rejoint vos rangs d’ailleurs ? Il n’inspire pas vraiment confiance et bien qu’il faut aimer son prochain, je pense qu’il prend ça un peu trop à la lettre pour qu’on veuille se retrouver seul avec lui pour se confesser, si tu vois ce que je veux dire. » Elle dût se forcer pour prononcer ces derniers mots qui ne lui semblaient pas naturels. Cela n’allait sûrement pas être suffisant pour changer de sujet tellement sa tentative semblait évidente mais peut-être fera l’affaire quelques instants, jusqu’à ce qu’elle parvienne à trouver les mots pour le rassurer.
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Rafe
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MessageSujet: Re: (rafhan) the wave i could never tame.   Dim 18 Juin - 17:40

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La crainte de l’autre n’était pas toujours un concept que je comprenais. Cela m’avait probablement valu quelques insultes et plaquages au sol, mais tout finissait par m’échapper. Nous étions ici pour une seconde chance, pour une repentance, et non pas pour subir une punition. Il s’agissait d’une bénédiction, et non d’une malédiction. Les signes se multipliaient. Les dons dont étaient affublés les habitants de Varakes, le bon esprit général des habitants, l’effacement de tous nos péchés. Certains s’en plaignaient, et peut-être que le prix était élevé voire disproportionné entre les souvenirs heureux et les péchés manifestes, mais rien n’était gratuit. Ni ici, et j’en déduisais qu’ailleurs, c’était la même rengaine. Entre perception et conception, parfois il était nécessaire de faire abstraction sur des concepts bien tortueux. Il y avait des incohérences dans cette religion, mais l’existence d’un Dieu suprême ne faisait nul mystère. La foi était la suppression des si. Il fallait accepter ce constat et penser à comment améliorer autrui, s’améliorer soi-même et promouvoir la bonté dans le cœur des Hommes. J’y croyais. Fermement. Nous avions tous une part de bonté et de bienveillance. Ce n’était qu’une question de savoir creuser et d’arracher le bandeau, plus ou moins profondément enraciné sur les paupières des égarés. Dieu m’avait confié cette mission, celle d’un messager, le protecteur des démunis et des miséreux, mais aussi d’instrument de promotion du bien, et non pas du chaos. Je n’étais pas ici pour tester la foi, non, mais pour que les habitants en prennent et comprennent toute l’essence. L’Homme était fait pour croire en quelque chose, qu’il appelle cette force Dieu, plante, Karma, hamburgers, peu importe. Il y aurait toujours cette approche mystique, qui conduirait à la vénération et, quelque part à l’asservissement. Je ne prônais pas un asservissement des croyants. En tant messager, je Lui étais asservi, parce qu’il m’avait chargé d’une mission viscérale. Et ceux qui ne supportaient pas la vénération, un simple respect suffirait.

Messager de Dieu, tantôt à l’aise, tantôt maladroit, je venais de bénir Siobhan avec de la sauce. Nos rires se mêlent, et je me surprends à apprécier son humour et sa répartie. « Surtout quand on sait que c’est du jus de raisin avec du vinaigre. Une recette personnelle et secrète de notre cher Père Gérard. » Je joins mes mains et feins de remercier Dieu pour une telle trouvaille. Pauvre homme. J’en riais et je ne manquerais pas d’ajouter du sel une fois ma peau flagellée pour rattraper ces paroles. Je me rendis alors compte que cela faisait longtemps que je n’avais pas pris le temps de rire, de laisser de côté la toge pour porter un humble t-shirt, toujours arborant la Broche. Je l’observe s’asseoir et l’écoute, souriant et riant. « La solution radicale serait de l’enfermer dans le confessionnal, mais j’ignore dans quelle partie encore. » Je ne relève pas la mention du cadeau d’anniversaire, probablement parce que je n’ai pas pris le temps de le fêter. La mission était plus importante. Je sens son sourire gâché par l’embarras, la gêne alors qu’elle joue avec un brin d’herbe. Je capture délicatement son brin d’herbe et cherche son regard d’un air complice. Je penche la tête et lui sourit, prenant un air rassurant. « C’est pas grand-chose, et ça me fait plaisir alors il n’y a pas à avoir cette impression. » Je me redresse fièrement et bande mes biceps pour défaire un pauvre sachet de sauce. « Siobhan manquant de manière, ce serait comme voir un sandwich sans sauce. »  A peine j’eus le temps de finir ma phrase que le sachet explosa entre mes doigts. Je lève les yeux au ciel, poussant une moue boudeuse avant de me tourner vers Siobhan, pouffant de rire.

Je prie alors un air faussement sérieux, avant de me mettre à rire avec elle. L’arroseur arrosé, je ne pouvais que rire. Sa répartie me surprit une fois de plus alors que j’esquissais un large sourire mutin. « Je crois que c’est un juste retour des choses. Il a fait son travail de régulateur de l’équilibre, amen. » Je souris et continue de m’acharner à essayer d’enlever les taches de ketchup sur mon t-shirt. Langue tirée sur le côté, concentré comme si ma vie en dépendait je m’acharne sur les tâches, dans un espoir vain. Je relève la tête et tourne mécaniquement la tête vers Siobhan. Jamais je ne l’aurais laissée seule avec lui. Je ne voulais pas qu’elle passe un moment pour être mal à l’aise. J’étais inconscient, mais pas totalement fou. « Jamais j’aurais laissé ça arriver. » Elle se met à rire, et mes joues rougissent légèrement. Un brin protecteur, peut-être même beaucoup trop, je passe ma main derrière ma nuque et me mets à rire avec elle. Je prononce une prière avant de pouvoir commencer à manger. Je lui tends un sandwich avec un sourire sincère avant de partager mon inquiétude à son égard.

Siobhan leva alors les yeux vers moi. J’eus à peine le temps de ciller que son regard rejoignit le sol. Je craignais de l’avoir mise mal à l’aise, chose que je tenais absolument à éviter. Je connaissais ce regard fuyant. Il marquait les esprits fatigués, par la vie et le doute. J’avais eu le même, il y a peu et je ne pouvais que la comprendre. Mais avant de m’emporter dans des conclusions hâtives, je la laisse partager ses pensées, masquant à peine mon inquiétude à son égard. Je l’écoute, attentivement. Les tentatives de détournement de sujets étaient nombreuses, je souriais à chaque once d’humour, prenait un air sérieux lorsque ses mots se faisaient moins fluets. Je décelais alors une peur du reproche et de la punition, la peur du jugement et que sais-je encore. J’admirais son travail, et la sincérité avec laquelle elle procédait. Quelque chose retint mon attention. Plus aucun espoir pour moi. Certes, elle parlait de Père Gérard, qui lui, était une cause perdue mais elle ne pouvait décemment pas se comparer à un rustre pareil. Je pris alors une gorgée d’eau, et je ne manquai pas de m’étouffer avec à la fin de sa phrase. Toussant fortement et cognant le poing contre mon torse, j’éclate finalement de rire avant de secouer la tête. « Père Gérard ne te sauvera pas de la discussion, Siobhan. Enfin, je sais pas ce qu’il fait parmi nous, il était déjà là quand j’ai pris la toge. » Je passe ma main sur mon menton avant de soutenir son regard à nouveau. « Ca arrive à tous, t’as un travail que je trouve grandiose et admirable. Tu n’auras jamais rien à craindre de moi, à part quelques sermons mais.. Suis-moi. Je dois te montrer quelque chose. » Je prends alors sa main dans la mienne et la porte jusqu’au sommet d’un arbre.

Je la tiens fermement pour l’empêcher de glisser et qu’elle se blesse. « Il faut savoir relâcher la tension des choses et accepter l’aide de Dieu. Il te pousse dans ton travail, il est à tes côtés et ce, même si ton attention pour l’Eglise en pâtit. » Je pose ma main délicatement sur son visage et lui offre un sourire sincère avant de la prendre dans mes bras et de plonger dans l’eau, au moment où elle s’y attend le moins. Mon dos amortit le choc de l’impact de nos corps alors que je me mets à rire, ne ressentant aucune douleur grâce à Dieu. La sensation de l'eau est rafraîchissante. J'avais toujours cru en ses pouvoirs salvateurs  « Moralité du sermon, il y a toujours de l’espoir, peu importe que ta chute soit d’un arbre, d’un rocher ou d’une montagne. »  Je lève les yeux vers le ciel et rejoins mes mains, en capturant les siennes. Je me mis alors à prier pour elle, dans l’eau, avec ferveur. « Il suffit juste d’y croire, Siobhan. Tu ne seras jamais seule. Il veillera toujours sur toi, que ce soit par son propre chef ou par l’action de ses messagers. » Je relâche délicatement ses mains. Un large sourire mutin finit par se dessiner sur mes lèvres.
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Siobhan
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MessageSujet: Re: (rafhan) the wave i could never tame.   Mar 20 Juin - 16:50

THE WAVE I COULD NEVER TAME
siobhan & rafe
As if the first cut wasn't deep enough, I dove in again 'cause I'm not into giving up. Could've gotten the same rush from any lover's touch, why get used to something new? 'Cause no one breaks my heart like you. And you kiss me, and you wish we could see what happens next. For a moment, I can forget what happens in my head. If I doubt you, will you come through with a happy second chance? A happy ending but this time you don't leave me sinking


S’entretenir ainsi sur une plage à laquelle il n’était pas aisé d’accéder, à des kilomètres de la church, lui avait paru incongru et si le malaise s’était estompé aussitôt que Père Rafe l’avait accueilli, d’une manière un peu malheureuse cela va sans dire, cela lui paraissait maintenant étrange. Dénuée de tout aspect formel pouvant se représenter sous la forme de la toge du prêtre ou de la bâtisse impressionnante, cette rencontre était pour le moins inhabituelle et dès ses premiers instants, à mille lieues de ce qu’était ses échanges avec les autres représentants de l’Église, s’il était même possible de qualifier cela d’échange alors qu’elle s’en tenait à quelques mots, hochant simplement la tête quand il lui semblait bon. Elle ne se permettait pas de rire sereinement ou de plaisanter sur les prédicateurs, du moins pas avec la grande majorité des fidèles et certainement pas avec l’un d’entre eux mais Père Rafe lui semblait différent et c’est sans doute pour cela qu’il était plus aisé de se détendre à ses côtés et relâcher la tension dans ses épaules. Suffisamment pour qu’elle s’amuse de sa maladresse en oubliant pourquoi ils se trouvaient certainement ici, à l’abri des regards et surtout des oreilles indiscrètes. En soi, il lui avait rendu service en s’abstenant d’avoir cette discussion devant d’autres disciples, là où l’on pourrait la juger comme ils en avaient tant l’habitude bien qu’ils n’étaient pas censés le faire, brisant ironiquement eux-même les enseignements qui leur ont été appris.

Cependant, toutes les bonnes choses ont une fin et voilà que son sourire s’estompe alors qu’il en vient à ce qui l’intéressait vraiment, ce dont elle se serait bien abstenue si elle en avait eu le choix. Mentir ne lui servirait à rien, d’autant que mentir à un homme de Dieu devait être un péché bien plus grave que le simple mensonge. Il lui confie la trouver détachée, si ce n’est distante, et elle ne peut lui en vouloir bien qu’elle ne puisse s’en excuser. Elle lui répond sans vraiment le faire, n’effleurant que la surface de ce qu’il souhaiterait entendre mais de ce qu’elle ne peut lui avouer. Elle veut changer de sujet, lui offrir un sursis supplémentaire avant que les choses ne deviennent trop compliquées pour qu’elle puisse apprécier la brise frappant son visage et le flot de l’eau sur le sable mais sans grande surprise, sa stratégie échoue comme une de ces piètres illusions qu’elles s’essaient à former alors qu’elle venait de découvrir ce qu’elle était capable de faire. Un vulgaire subterfuge bien trop médiocre pour faire l’affaire. Père Gérard ne te sauvera pas de la discussion, Siobhan. Décidément, ce dernier n’était véritablement qu’un bon à rien, pas même utile pour dévier les questions de ses pairs. Mais il lui assure qu’elle n’a rien à craindre de lui et elle aimerait y croire, tout comme elle aimerait avoir une foi inflexible mais pour l’un comme pour l’autre, les choses étaient bien trop complexes pour qu’elle puisse s’y abandonner complètement, aussi agréable serait le sentiment de sérénité qu’elle en éprouverait. Elle ne sait pas quoi lui répondre alors elle se contente de l’observer sans rien dire mais le prêtre n’est pas en reste, sa main attrape la sienne et elle se met à le suivre d’un pas rapide en direction d’un arbre au pied duquel il l’attrape pour mieux l’élever. « Mon pè– Rafe, je sais pas si c’est une bonne idée, je suis pas très à l’aise en hauteur… » Ses paroles sont inutiles car elle ne les a pas fini qu’il l’a déjà posé sur une branche de l’arbre, ayant la bonté de la tenir pour lui éviter une chute malheureuse, ce qui n’empêche pas la jeune femme de faire pâlir ses articulations en se tenant férocement à la branche sur laquelle elle était assise. Il pose sa main sur son visage et elle scrute son regarde, sans doute pour déterminer à quoi rimaient ces mots. Comment pouvait-elle accepter de l’aide dont elle doutait de l’existence, n’étant pas même certaine que l’entité les observant ici-bas souhaitait les aider, préférant sans doute les observer se déchirer et se faire la guerre comme un petit garçon avec ses petits soldats. Le chaos est toujours plus attrayant à observer de l’extérieur que la bienséance.

Sans qu’elle ait le temps de comprendre, ni même de lui répondre, il la prend dans ses bras et elle tombe, sans savoir où se finira sa chute avant que son corps ne rentre au contact de l’eau fraîche. Une fois avoir émergé de l’eau, plaquant ses mains sur son front pour les faire glisser en arrière afin de rabattre ses cheveux de façon à dégager son visage, elle regarda Père Rafe avec des yeux presque ahuris, n’arrivant pas à faire sens de l’enchaînement des derniers événements. « C’est toujours un prêtre qui est à l’origine de la chute ? Il fallait me prévenir que l’Église s’était mise aux travaux pratiques. dit-elle en souriant, bien que perdue par les agissements du prêtre. Cela lui avait permis de remettre ses idées en place mais le sermon n’en était pas moins original, si ce n’est loufoque, mais il se fit bien plus sérieux lorsqu’il attrapa ses mains entre les siens et leva les yeux au ciel, trajectoire qu’elle suivit de son regard pour le poser sur ces mêmes cieux, l’écoutant parler, avant de l’abaisser pour le regarder avec confusion. Tu dis ça comme si c’était simple. Comme si c’était évident. C’est une façon de penser rassurante mais ça paraît presque trop beau pour être vrai. Ses yeux bleus se levèrent à nouveau pour observer le ciel au-dessus d’eux, comme si elle pourrait y obtenir davantage de réponses. S’Il veille sur chacun d’entre nous, pourquoi certains sont-ils toujours frappés par la misère ? Ils ne peuvent pas tous être de mauvaises personnes... Est-ce que c’est simplement parce qu’ils ne se sont pas suffisamment rachetés à Ses yeux ? Je me demande ce qu’on a pu faire d’aussi abject pour mériter une telle Rédemption. Il relâche ses mains et elle réalise que ses propos lui avaient échappé sans qu’elle ne puisse les censurer, craignant d’en dévoiler trop si elle ne s’arrêtait pas d’observer Son royaume céleste. Elle reposa son regard sur le Père Rafe, arquant un sourcil en sa direction. Peut-être que me projeter de la sauce dessus ou me jeter à l’eau est Sa façon de me punir pour ne pas assister à la messe aujourd’hui, même si je pencherai davantage pour l’option où la maladresse et les fantaisies du prêtre sont responsables. Son expression se fit plus insouciante alors que ses lèvres esquissèrent un sourire mutin. D’ailleurs, je pensais que l’on n’était pas censés se baigner ? A croire qu’elle était véritablement passé à côté du mémo lui enjoignant d’apporter un maillot de bain avec elle, bien que cela soit trop tard maintenant pour sauver ses vêtements de ville de la baignade. Elle fit un mouvement de son bras pour ne pas perdre son équilibre précaire, avec plus de force que nécessaire et suffisamment brusque pour éclabousser le prêtre en plein visage. Oh pardon, je suis désolée. » souffla-t-elle dans un rire étouffé, feignant une fausse innocence. Il l’avait propulsé dans l’eau, elle pouvait bien lui rendre la monnaie de sa pièce.
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I.R.F
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MessageSujet: Re: (rafhan) the wave i could never tame.   Mar 20 Juin - 23:11

SOUVENIR DE siobhan
Le rire cristallin d’une enfant résonne dans l’air, rapidement rejoint par le rire enfantin de deux voix plus graves. Tu ne te souviens pas t’être amusée ainsi depuis un long moment. C’est l’été, les cours sont terminés, il te semble avoir la vie devant toi pour jouer. Essoufflée, tes yeux regardent à gauche et à droite à la recherche d’un endroit où te cacher alors qu’une voix compte à rebours. 10. Tu as beau cherché, il n’y a que de la verdure à perte de vue. 9. Ton regard accroche sur un arbre. Une figure cachée derrière semble te faire signe. 8. Ton sourire s’agrandit et tu accours vers la figure. 3. Une main agrippe ton poignet et te tire derrière l’arbre alors que tu ris. 2. Le garçon te sourit et mets son index devant tes lèvres alors que tu poses tes mains sur tes lèvres pour ne pas faire trop de bruit. 1. Vous retenez votre souffle alors que le jeu commence réellement. Le temps passe, chaque seconde semble s’étirer pour l’éternité alors que tu échanges des regards complices avec ton compagnon de cachette. « BOUH! » La voix apparaît soudainement faisant sauter ton cœur dans ta poitrine, et un cri aiguë t’échappe avant de se transformer en rire.

Tes doigts glissent sur la photo alors que tu te rappelles ces moments heureux. Si seulement ils avaient pu continuer pour toujours que tu te dis l’esprit brumeux. Tu tends le bras pour attraper un marqueur noir, faisant quelques bouteilles sur ton chemin, avant de finalement le saisir. Et malgré ton état d’intoxication avancée, tu t’attardes, très concentrée, à la tâche de recouvrir de noir les deux garçons identiques sur la photo, n’y laissant que toi, enfant et heureuse.
Spoiler:
 

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Rafe
church of second chance
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MessageSujet: Re: (rafhan) the wave i could never tame.   Lun 26 Juin - 8:44

THE WAVE I COULD NEVER TAME
siobhan & rafe
As if the first cut wasn't deep enough, I dove in again 'cause I'm not into giving up. Could've gotten the same rush from any lover's touch, why get used to something new? 'Cause no one breaks my heart like you. And you kiss me, and you wish we could see what happens next. For a moment, I can forget what happens in my head. If I doubt you, will you come through with a happy second chance? A happy ending but this time you don't leave me sinking


Naïf et bien trop occupé par l'inquiétude qui m'animait, j'en oubliais les codes et les conventions, ce qui était permis ou non. Je n'étais pas de ceux qui pensaient que les mauvaises actions pouvaient aboutir à de bons résultats. Non, nous devions tous faire le bien, même si au final, le résultat était douteux et manifestement étrange, pour ne pas dire incongru. Il n’y avait pas si longtemps que j’étais devenu prêtre un peu plus stable. Je préférais de loin aller sur le terrain, et cela pouvait expliquer mon manque de tact au mieux, ma brutalité au pire. Siobhan était devenue distante ces derniers temps, comme préoccupée par un mal que je connaissais bien pour y avoir fait face à mon tour, qui n’était, finalement, que le doute. Le pourquoi. J’aimais questionner les choses, parce que c’était un moyen d’apprendre mais l’aventure pouvait vite se transformer en perdition si l’on ne prenait pas gare où on plaçait ses pieds.

La foi était la fin des pourquoi. La foi permettait de se laisser guider, de faire fit des doutes pour devenir plus fort encore. La foi n’était rien d’autre que de l’énergie que Dieu nous donnait pour affronter les méandres des obstacles les plus infimes. Il nous rendait dignes, dans son omniprésence. Il nous rendait forts dans son omnipotence. Je comprenais les égarés, pour avoir été à leur place un jour. Et parce que je savais ce qui arrivait aux égarés, je voulais les préserver d’un chemin bien trop dangereux.  Je ne cherchais pas à les tester. Ce n’était pas ma mission sur ici. Non, si elle tenait à voir sa foi défiée et ébranlée, il suffisait seulement de se rendre chez une fleuriste, aux roses bien trop épineuses. Je trouvais qu’un plongeon était nettement plus agréable que des épines acérées. Alors je ne lui avais pas laissé le choix. Je n’écoutais pas ses doutes, encore une fois. Ou plutôt une peur des hauteurs accentuée par ses jambes tremblantes. Son visage entre mes mains, je lui souris et la prends fermement contre moi, sans pour autant lui briser ses os frêles. Il ne manquerait plus qu’elle se blesse par la faute d’un prêtre. J’amortis l’impact de nos corps avec l’eau et profite de la fraicheur, bien trop heureux de pouvoir m’éloigner de Varakes et de ce combat perpétuel. Il ne pouvait avoir de mal à se ressourcer. Non ? Elle sourit, ce qui me rassure quelque part. Elle aurait pu me noyer -jusqu’à la preuve du contraire, les prêtres ne savaient pas marcher sur l’eau. Je me disais que peut-être, je pouvais la fendre en deux. Oui, non. Je ris à sa remarque et sors lentement la tête de l’eau. « Y’aura toujours un prêtre pour amortir ta chute ou la rendre moins douloureuse quoi, pour t’accompagner dans l’adversité. » Je me mets à rire et reprends. « Je sais pas vraiment si j’ai le droit de faire ça pour être honnête. Mais bon, ça restera entre toi, moi et Dieu. » Oui, rien que cela. Du moment que je ne m’éloignais pas de ses préceptes à lui, je ne voyais pas très bien en quoi je pouvais contrevenir à ceux prôner par l’Eglise de la Seconde Chance. Alors que je m’égare dans ma prière, je reviens parmi elle, frappé par son regard ampli de confusion. Je l’écoute alors, attentivement. Je lève le regard vers le ciel, accompagnant le sien avant de lui redonner toute mon attention.

Tout n’était pas forcément simple, ni même très compliqué non plus. Mais j’arrivais à entendre son désarroi quant aux miséreux. « Justement, si tout était si simple, on serait tous entrain de porter la broche mais Dieu a fait l’Homme à son image. Nous sommes des créatures complexes, avec des doutes, des espoirs et des désillusions mais, justement, c’est ce qui nous renforce et c’est que Dieu cherche. A nous rendre plus fort, et meilleurs. Il veut qu’on devienne de meilleures versions de nous-mêmes mais la condition est d’être prêt à accepter la foi. C’est tout ce qu’il demande. » La misère et l’infortune, voilà des maux qui frappaient les Hommes. Peut-être l’avaient-ils mérité ? Ou était-ce Dieu qui s’évertuait à tester leur foi, parce que leur âme était tellement corrompue qu’elle se devait d’être purifiée par des épreuves. « Je comprends tes doutes Siobhan et je me suis pas réveillé en ayant cette foi. Elle est venue à moi et je l’ai embrassée. » Je lui souris, relâche enfin ses mains. Elle arque son sourcil, m’observe et en réponse, je penche la tête d’un air interrogateur, intrigué. J’esquisse un sourire sincère et retiens un rire. « Je vois absolument pas de quoi tu parles. Je suis un messager de Dieu, je peux pas être maladroit, sauf s’il me demande de l’être. » Je pris alors un air ferme et sérieux avant de lui donner un coup d’épaule. « Tu m’as cerné, je reconnais ma défaite. » Les sermons m’avaient poussé à franchir les portes de l’Eglise pour voir la réalité de la foi. Je n’étais pas le plus rigoureux sur le protocole. J’étais probablement celui qui s’en fichait le plus, mais toujours dans le but d’arriver aux bons résultats. Je lève alors mes mains, d’une façon innocente avant de recommencer à rire. Je n’avais pas prévu une quelconque tenue de rechange non, ceci dit. Je la regarde avec tendresse et affection alors qu’elle se mit à faire un mouvement suffisamment fort pour propulser l’eau en plein fouet sur mon visage. Je secoue alors la tête en gonflant mes joues. J’arque un sourcil et laisse un sourire mesquin étendre mes lèvres. « Je te pardonne, maintenant. » Aussitôt mon bras devint plus fort, créant une petite vague, s’effondrant sur Siobhan. Je lève les yeux au ciel, faisant semblant de n’y être pour rien. « Dieu a eu sa vengeance. » Je replonge ma tête sous l’eau et secoue mes cheveux au plus proche de la jeune croyante égarée. Mes lèvres laissent apparaître un large sourire satisfait et fier. On ne pouvait pas jouer face à l’Eglise. Enfin si, mais il fallait aimer perdre.
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(rafhan) the wave i could never tame.
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