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(rafhan) the wave i could never tame.

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Rafe
church of second chance
messages : 416

MessageSujet: (rafhan) the wave i could never tame.   Mer 14 Juin - 17:05

THE WAVE I COULD NEVER TAME
siobhan & rafe
As if the first cut wasn't deep enough, I dove in again 'cause I'm not into giving up. Could've gotten the same rush from any lover's touch, why get used to something new? 'Cause no one breaks my heart like you. And you kiss me, and you wish we could see what happens next. For a moment, I can forget what happens in my head. If I doubt you, will you come through with a happy second chance? A happy ending but this time you don't leave me sinking


Aujourd'hui, un autre prêtre allait prendre en charge la messe hebdomadaire. Il allait devoir écouter les complaintes et la noirceur des habitants de Varakes, avant de pouvoir noyer sa peine dans l'eau sainte, mais surtout de vie, à base de lilas. Je finirais par trouver les moins croyants parmi les prêcheurs. Ils étaient pires que les faux aveugles ou les faux miséreux. J'avais envie, par moment, de les exposer, en place publique et de leur faire subir les saintes ordalies, pour tester leur foi envers Dieu. Mais ce n'était pas ma mission. Karma s'en chargeait à merveilles. Tellement qu'elle devenait le bourreau de Dieu, alors que je m'efforçais d'en être le berger, pour ramener les brebis égarées dans un chemin hors de danger et hors de portée de cette folie qui nous guettait tous. Je préférais des actions ciblées, bénéfiques, plutôt que de prêcher dans le vide, un peu comme le vieux fou du coin qui hurle à la mort, dans l'espoir d'obtenir la pièce et survivre le lendemain. Je ressentais le besoin de sortir des rues de la ville et de trouver l'inspiration divine. Idée en tête, j'avais forcé une des fidèles, Siobhan, à me rejoindre. Forcée, parce qu'elle n'avait pas eu une seule once de choix. C'était venir avec moi ou finir sur l'autel de prières, à prêcher pendant deux heures auprès du Père Gérard. Exceptionnellement, j'avais laissé de côté le costume, n'arborant simplement que la broche de l'Eglise. Près de l'eau, je déplie une nappe sur la plage et sors quelques boites contenant de la nourriture au cas où. Quitte à prier, autant avoir le ventre plein. Un ventre vide est une âme vide et donc encline à la tentation et à la déviance. Je m'étire, pensant au bus qui en étant réaménagé pourrait faire un sublime church-o-bus, où les croyants pourraient prier en paix et avec ferveur, à l'abri des regards inquisiteurs, sans se soucier du volume et du poids des mots composant leurs prières. Soudainement, j'entends du bruit et me retourne aussitôt arborant un large sourire conquis.« Siobhan ! Dieu vous a donné la foi !» Je m'approche et me prends le pied dans une tronc. A défaut de me vautrer sur le sol, la sauce du sandwich que je tenais vient s'écraser sur son haut et son visage angélique. « Oh, ah.. Hm, Dieu aime tester notre foi. Faut pas lui en tenir rigueur. Il s'occupe comme il peut. » J'échappe un rire nerveux alors que je finis par porter ma main sur mon front. « Peut-être que c'est sa façon de montrer que t'as bien fait de venir. Si seulement Père Gérard était là pour nous aider à interpréter Ses signes. » Je joins mes deux mains et implore le ciel avant de faire un clin d'oeil à la jeune croyante. Heureusement qu'il n'était pas là celui-là. Quoique, il aurait rejoint notre Seigneur plus tôt qu'il ne l'avait prévu et jamais osé.
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Siobhan
church of second chance
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MessageSujet: Re: (rafhan) the wave i could never tame.   Jeu 15 Juin - 19:12

THE WAVE I COULD NEVER TAME
siobhan & rafe
As if the first cut wasn't deep enough, I dove in again 'cause I'm not into giving up. Could've gotten the same rush from any lover's touch, why get used to something new? 'Cause no one breaks my heart like you. And you kiss me, and you wish we could see what happens next. For a moment, I can forget what happens in my head. If I doubt you, will you come through with a happy second chance? A happy ending but this time you don't leave me sinking


Elle s’était piqué le pouce en voulant accrocher sa broche, une minuscule larme de sang avait perlé sur sa peau qu’elle dut se contenter d’aspirer dans la précipitation. Seulement, la colombe sur sa poitrine n’était pas là en guise de signe de reconnaissance auprès de ses pairs mais en guise de preuve de sa foi, comme si cela suffirait à le berner. A défaut, elle pourrait témoigner de sa bonne volonté et la dissocier de l’hérétique. Elle essayait, l’on ne pouvait pas lui en vouloir, d’autant que si elle ne serait pas sur les bancs de l’Église ce n’était pas de son chef. Elle avait été appelée par Père Rafe à se rendre aux bordures de la ville, sur une plage fréquentée uniquement par les plus avertis sur la péninsule, et si elle s’était contenté d’acquiescer à sa demande, cette dernière l’avait alarmé. L’appréhension que des paroles allant à l’encontre des préceptes enseignés se soient échappées de ces lèvres pour finir dans des oreilles colporteuses l’avait saisi aussitôt, craignant des reproches voire une sanction pour ses manquements. Elle ne faisait certes pas partie des plus fanatiques mais la church of seconde chance restait son refuge, ce qui lui permettait de donner un sens à sa présence ici et le lieu dans lequel elle aimait se replier lorsque les choses lui paraissaient insignifiantes sans souvenirs de ce qui avait été, elle ne voulait pas en être écartée. Elle n’était pas même certaine qu’elle pouvait se permettre d’en être écartée, d’être reléguée au rang de poupon ayant lâché la main de sa mère et qui peine maintenant à retrouver son chemin sans pleurnicher. Mais la question de ce qu’il adviendra d’elle si elle venait à être rejetée de ses pairs ne se posait pas encore, pas tant qu’elle ne parvenait pas à trouver son chemin jusqu’au point de rendez-vous, sans pleurnicher pour le coup.

Enfin, elle aperçut la silhouette qui l’attendait au loin et s’approcha en sa direction, retirant ses chaussures pour mieux avancer. Dès qu’elle fit suffisamment près de lui pour qu’il la remarque, il se retourna pour l’accueillir chaudement mais son enthousiasme le conduit à s’emmêler les pieds et se prendre les pieds dans un tronc et si la scène aurait pu être comique, la sauce s’échappant du sandwich dans sa main pour la frapper en plein visage et se répandre sur son haut l’était bien moins, en ce qui la concernait. « Mon père... Du bout des doigts, elle essuya la sauce ayant éclaboussé son visage, jetant au sol ce qu’elle avait amassé sur ces derniers d’un geste sec de la main. Il teste la foi de tous les fidèles en reversant de la mayonnaise sur eux? demanda-t-elle en attrapant une serviette déposée sur la nappe à ses pieds pour s’essuyer la main et éponger son haut afin de limiter les dégâts autant que possible. Elle ne put cependant s’empêcher de rire aux mimiques du Père Rafe lorsque son confrère fut mentionné. Pitié, il aurait fait mine de devoir s’approcher au plus près pour observer la forme des taches pour mieux interpréter Sa parole divine. Et puis je pensais que tout l’intérêt de m’avoir fait venir ici était pour m’épargner sa bonne parole. glissa-t-elle avec un sourire en coin malicieux. Père Gérard était on ne peut plus louche, aussi louche que pouvait l’être ces hommes mûrs aux bonbons plein les poches, les tendant aux plus jeunes passants avec des regards lourds de sens, dont on souhaiterait se débarrasser en se frottant avec la peau avec du savon jusqu’à ce qu’elle en soit irritée, pour se sentir véritablement propre après cela. Honnêtement, s’il y avait bien quelqu’un qui pouvait être la preuve vivante des enseignements de la church, c’est bien Père Gérard. Nul doute qu’il avait dû commettre des actes très discutables dans sa vie d’antan. Le pauvre malheureux ne maîtrisait pas non plus l’art oratoire alors elle n’allait pas cracher sur l’opportunité d’échapper à ces deux heures interminables en sa compagnie. Père Rafe avait le mérite d’être plus agréable et sympathique, sans mentionner le fait qu’il avait la décence de la regarder dans les yeux, à moins que son nez plongé dans les textes saints ne soit qu’une façade bien qu’elle en doutait. J’aurais ramené quelque chose si j’avais su. Elle lança un regard gêné à la nourriture étalée entre eux, n’ayant pas pris la peine d’emporter quoi que ce soit, s’attendant seulement à faire l’objet d’un sermon personnalisé et de réprimandes. J’ai raté le mémo qui disait qu’il fallait aussi amener son maillot de bain? Faussement moqueuse, elle baissa les yeux pour observer sa tenue, avec les taches de sauce encore bien visibles sur ses vêtements, fruit des amusements de Sa grâce divine ou, si l’on se débarrassait des excuses données, de la maladresse cocasse du Père Rafe. D’ailleurs, pourquoi avoir voulu me voir ici, l’on aurait pu discuter à l’Église après le sermon de Père Gérard. A moins qu’il ne vous passionne pas autant qu’il ne devrait. Il est pourtant charmant. Je ne l’ai jamais vu asperger un adepte de sauce, par exemple. » Du moins pas au sens littéral du terme. Au sens figuré, non plus, Dieu merci, grand bien lui fasse.
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Rafe
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MessageSujet: Re: (rafhan) the wave i could never tame.   Ven 16 Juin - 12:18

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Lorsque les conversations discrètes avaient lieu, il y avait toujours cette forme d'appréhension dans le regard du fidèle, et non pas dans celui du croyant. Le croyant, n'avait rien à craindre alors que le fidèle lui, était encore soumis aux diverses dispersions de son chemin de foi, sain et exempt de tout détournement de foi. La foi permettait d'oublier les si, et là, le sol n'avait jamais semblé aussi confortable et certain. J'avais remarqué ce voile dans les iris bleutées de Siobhan. Je le voyais, souvent et parfois même mes yeux en étaient recouverts. Du moins, ils l'avaient été. Les sermons ne suffisaient pas toujours, parfois il fallait privilégier la pratique de la foi à sa théorie. La pratique était constante, sans forcément en avoir conscience. Et c'était dans l'inconscience que l'action, bonne, était aussi belle. Elle n'avait jamais rien eu à craindre de moi. Malgré les mots illuminés, malgré les cicatrices encore bien trop visibles, non je n'étais pas de ceux qui devenaient instrument du chaos pour accomplir leur mission à Varakes. Une inquiétude sincère me prenait alors, parce que le doute ne faisait que pousser à l'indécision, aux chemins tortueux et au danger inutile. Seule l'Eglise pouvait protéger nos âmes éperdues et éconduites. Je ne voulais pas qu'elle se perdait. Elle m'inspirait plus que ne devrait une simple fidèle. Je sentais qu'un lien de confiance pouvait s'établir, malgré nos différences. Il n'était pas question de rejet, ni de punition. Non, ce n'était qu'une inquiétude sincère, formulée à son égard, que je souhaitais amoindrir, à défaut de la voir disparaître.

Mon enthousiasme m'avait conduit à l'imprudence, et l'imprudence aux dégâts. Je déglutis devant elle, plaisante parce qu'il n'y a rien d'autre à faire dans ces moment-là et arque un sourcil avant de me remettre à rire. « Oh quand c'est pas trop grave, la mayonnaise suffit. Et quand il décide de se venger de quelque chose, parfois c'est du vin rouge, artisanal, avec du colorant. S'il y a bien une chose que j'ai compris, c'est qu'il aime laisser sa marque. » Je fixe sa broche un instant et désigne de mon index les nouvelles tâches et laisse mon regard se poser sur son visage un court instant. J'entends son rire, et mes traits se détendent à leur tour. Je craignais qu'elle ne prenne peur ou qu'elle me fasse subir une ordalie pour avoir sali son haut. Et dire que le Père Gérard avait voulu tenir compagnie à Siobhan maintes et maintes fois. Il était probablement le visage le plus terrifiant de l'Eglise. Il avait insisté, lourdement pour m'accompagner. Dès que je lui avais parlé du lieu et des possibles exercices physiques, le vieux Père décida que d'autres obligations le liaient. Je ris avec la jeune croyante, imaginant parfaitement le vieil homme procédé ainsi. « Je peux rien te cacher. C'était pour t'épargner, lui et ses postillons. Parfois j'ai l'impression que la toge ne suffit pas et qu'il faudrait un imperméable. » Mes lèvres s'étirent, dissimulant un air mutin alors que je l'invite à prendre place à mes côtés. Père Gérard était toujours relégué aux pires horaires de messe, parce que personne ne l'appréciait réellement. Un croyant dans son tempérament ne m'aurait pas dérangé mais un prêtre ? Quel manque de décence. La broche connaissait des temps difficiles, avec des lendemains qui s'annonçaient compliqués pour tout un chacun. Notre rôle était de les guider, dans la voie du bon et du correct pour s'assurer qu'aucun membre ne serait laissé pour compte. Même les pires pécheurs. Si Dieu était capable d'accorder une seconde chance, qui étions-nous, pauvres humains pour en douter ? Je m'égare un instant avant de secouer la tête et de revenir à Siobhan. Elle semble gênée de se retrouver avec de la nourriture, et visiblement de ne rien avoir apporté. « Ce n'était pas la peine Siobhan. Un estomac plein est toujours plus enclin à embrasser la Foi et c'est le boulot de l'Eglise de remplir les réservoirs. Enfin, façon de parler. Tu répares les corps, je répare les âmes, du moins j'essaie. » Je m'énerve sur un emballage de sauce ketchup, qui finit par éclater entre mes doigts. « Qu'est-ce que je t'avais dit. Un test continu. » Je lui souris et essuie, sans aucune délicatesse, mon visage et mon t-shirt avec une serviette. Je me tourne vers elle et la fixe un léger instant, il était temps d'être honnête. « Pour être honnête.. Je pensais pas qu'on allait se baigner, j'ai parlé de cette plage pour faire fuir Père Gérard. La moindre activité sportive lui donne des relents. Entre toi et moi, je l'ai jamais compris, même quand il parlait sobrement et je pense qu'il vaut mieux être aspergé par de la mayonnaise que sa bave. » Je rejoins mes deux mains et demande pardon pour être aussi médisant. Et puis, je me rends compte que l'objectivité, aussi médisante puisse t-elle être, restait une réalité. Je ris à ses mots et lui sers de quoi boire et manger. « Siobhan, ces derniers temps je te sens détachée, presque distante et.. est-ce que tout va bien ? » Je ne voulais pas recommencer mes erreurs, à foncer dans le tas et finir dans un pot de fleur. « Oh et tu peux m'appeler Rafe et me tutoyer, j'ai pas encore toute la sagesse de Père Gérard pour mériter le vouvoiement. » J'essaie de la faire rire, ou au moins de la faire sourire alors que je replis mes genoux et croise mes bras. Je contemple l'eau, et deviens plus apaisé devant un tel spectacle. Je me rendis compte que Varakes était une ville épuisante et qu'il n'y avait aucun mal à se ressourcer.
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Siobhan
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MessageSujet: Re: (rafhan) the wave i could never tame.   Sam 17 Juin - 19:09

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Elle s’était attendue à beaucoup de choses dès lors que la rencontre avait été prévue entre eux deux ; le ton qu’il pourrait employer, les blâmes qu’elle recevrait, son inquiétude dans sa voix semblable à ce que doit ressentir un berger dont une brebis s’est égarée, déviant du droit chemin pour se perdre dans les méandres de la nature, un retour à l’état sauvage après s’être débarrassé des comportements instruits par l’Homme et au débat essentiel entre l’inné et l’acquis. Peut-être n’était-elle qu’une brebis qu’il fallait ramener au troupeau à ses yeux et peut-être n’étaient-ils que des sauvages se forçant à se montrer civil en raison de préceptes moraux dépassés. S’ils avaient droit à une seconde chance, c’est qu’ils avaient anéanti leur première car ils s’étaient défaits de l’acquis pour revenir à l’inné. Elle ignorait si ne pas avoir une foi inébranlable équivalait à se détourner du chemin miséricordieux, la faisant retourner directement au rang de sauvage pour ce Dieu mystérieux, mais c’était un faux pas nécessaire pour que Père Rafe tente de la dissuader d’aller plus loin. Oui, elle s’était attendue à beaucoup de choses mais pas à recevoir de la sauce mayonnaise sur le visage et ses vêtements dès son arrivée. Situation déplaisante, qui aurait pu l’agacer si la maladresse n’était pas sincère et que Père Rafe n’avait pas plaisanté à ce propos. Il la fit rire et en oublia d’être exaspérée, préférant retirer ce qu’elle pouvait de son haut avec une mince serviette en papier. « Heureuse de savoir que je ne mérite pas le vin rouge. glissa-t-elle avec un sourire en finissant d’éponger le tissu avant que le sujet ne soit dévié sur Père Gérard qui, heureusement, ne semblait pas porter une grande estime aux yeux du Père Rafe. Au moins un sujet avec lequel elle pourrait être ce qui se rapprochait le plus d’une sincérité véritable avec le prêtre. Pas qu’il lui inspirait de la méfiance contrairement à son confrère, s’il ne portait pas habituellement cette toge qui le distançait automatiquement d’elle de par sa foi bien plus assurée que la sienne, elle aurait certainement pu se confier auprès de lui sans qu’elle n’ait à craindre un quelconque jugement de sa part, un regard condescendant et un avertissement mauvais sur ce qui l’attendait si elle ne venait pas à mettre ses idées en place rapidement, sans quoi l’ire divine s’abattrait sur elle dès lors que son cœur aura cessé de battre. Ses plaisanteries sur le Père Gérard avaient le mérite de la faire rire et lui faire oublier leurs différences. Je n’ai jamais eu le privilège de me tenir aussi près de lui mais je veux bien vous croire. Au moins je sais quoi vous offrir pour votre anniversaire. Ils font des imperméables transparents maintenant, très seyants et l’on pourra toujours voir votre toge au travers. Par contre, j'ai peur qu’une cagoule ou une distance de sécurité entre vous soient les seules solutions pour épargner votre visage. Ses lèvres esquissant toujours un sourire plaisantin, elle s’assit aux côtés de Père Rafe, croisant ses jambes en dessous d’elle tout en attrapant un brin d’herbe pour le faire tournoyer entre ses doigts, gêné de voir la nourriture étalée devant elle alors qu’elle était venue les mains vides, même s’il tenta de la rassurer à ce propos, ce à quoi elle lui répondit par un sourire poli mais non moins embarrassé. C’est une façon de voir les choses. Mais j’ai juste l’impression de manquer de manières quand je vois tout ce que vous avez apporté. »

Son malaise ne dura cependant pas plus longtemps, car dès qu’elle eut fini de prononcer ces mots en observant Père Rafe se battre avec l’emballage d’une autre sauce, que l’emballage lui éclata entre les doigts, l’aspergeant à son tour de sauce rouge cette fois-ci. Elle voulait désespérément éclater de rire mais s’en retint, difficilement, pouffant de rire entre ses lèvres mais feignant exagérément un air sérieux et austère dès qu’elle croisa son regard, avant de lui demander, avec autant de sérieux que possible : « Les taches de ketchup ont-elles une signification particulière à Ses yeux ou il s'agit simplement d'un juste milieu entre la mayonnaise et le vin rouge? Lui souriant, elle l’observa un instant faire de son mieux pour se débarrasser à son tour de la sauce qui s’était propagée sur lui, se sentant assez à l’aise pour plaisanter avec lui, comme s’ils n’avaient pas cette relation complexe et difficile à appréhender qu’était celle entre un prêtre et son fidèle. Pour être honnête, je n’arrive pas à rester concentrée suffisamment longtemps quand il parle pour pouvoir le comprendre. Mais si je venais à être assez proche de lui pour recevoir ses postillons, je pense que sa bave serait le cadet de mes soucis. C’est une bonne chose que vous l’ayez dissuadé de venir, j’aurais eu trop peur de finir seule avec lui sur cette plage pour venir. » dit-elle en riant, comme si cela paraissait aisé de discuter avec légèreté avec Père Rafe, plus qu’elle ne l’aurait cru. Il parvenait à la détendre suffisamment pour qu’elle puisse se permettre de s’amuser de ses plaisanteries et d’en faire à son tour, même lorsqu’elle craignait le moment où il aborderait la raison de leur présence ici, ce qu’il ne tarda d’ailleurs pas à faire.

Lorsque le sujet fâcheux fut enfin abordé, elle leva rapidement les yeux vers lui avant de les baisser immédiatement, ne souhaitant pas croiser son regard instigateur, de peur que ses yeux révèlent les doutes qui l’assaillaient et qu’elle ne saurait taire. Elle resta silencieuse un instant afin de trouver les mots, certainement pas ceux qu’il attendait mais ceux qu’elle était confortable à l’idée de prononcer en sa présence et plus particulièrement, en la présence de sa broche sur sa poitrine mais voilà qu’il reprit la parole, ses yeux se levant instinctivement vers les siens. « D’accord, Rafe. dit-elle, en esquissant un sourire timide avant de baisser le regard à nouveau. Cela lui paraissait étrange de s’adresser à lui mais elle en avait eu l’autorisation et ne pouvait donc que se le permettre, ayant été incongru de ne pas saisir l’opportunité de rendre l’échange moins formel. De toute manière, tout n’était qu’une question d’habitude et elle finirait pas s’y faire, tôt ou tard. Je suis juste fatiguée, je suppose. Elle haussa les épaules pour signifier son incertitude tout en posant son regard sur les vagues au loin, comme s’ils ne connaissaient pas tous deux la véritable réponse à cette question. Elle se doutait bien de ce qu’il souhaitait dire par là mais elle décida de répondre de manière superficielle, sans aborder le véritable problème, se fourvoyant et lui faisant perdre son temps. Ça a été un peu mouvementé au travail ces temps-ci alors ça a dû jouer sur mon attention à l’Église. Certes, ils avaient eu plus d’activité qu’à l’habitude à l’hôpital mais ce qui l’avait vraiment agité, c’était ce souvenir indéchiffrable mais ces quelques mots insignifiants devront lui faire l’affaire. Mais c’était pas volontaire, j’essaierai d’être plus attentive maintenant. Son regard se reposa sur le sien, pour témoigner de sa bonne volonté au travers de ses yeux mais également pour scruter les siens afin de déterminer si ce n’était que les prémices de ce qu’il souhaitait véritablement lui dire et lui demander. Enfin, je ne promets rien si c’est Père Gérard qui est en charge de la messe, il faudra m’excuser. Ou alors, il me faudra un traducteur mais si même toi tu n’arrives pas à le comprendre alors qu’il n’a même pas un verre dans le nez, je pense qu’il n’y a plus aucun espoir pour moi. Elle souriait à nouveau dans l’unique but de diffuser la tension qu’elle était probablement la seule à ressentir. Cela n’aidait pas de le tutoyer, lui donnant l’illusion qu’ils étaient des semblables alors qu’il demeurait une barrière entre eux, invisible sans sa toge pour les dissocier mais tout de même présente. Comment se fait-il qu’il ait rejoint vos rangs d’ailleurs ? Il n’inspire pas vraiment confiance et bien qu’il faut aimer son prochain, je pense qu’il prend ça un peu trop à la lettre pour qu’on veuille se retrouver seul avec lui pour se confesser, si tu vois ce que je veux dire. » Elle dût se forcer pour prononcer ces derniers mots qui ne lui semblaient pas naturels. Cela n’allait sûrement pas être suffisant pour changer de sujet tellement sa tentative semblait évidente mais peut-être fera l’affaire quelques instants, jusqu’à ce qu’elle parvienne à trouver les mots pour le rassurer.
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Rafe
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MessageSujet: Re: (rafhan) the wave i could never tame.   Dim 18 Juin - 17:40

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La crainte de l’autre n’était pas toujours un concept que je comprenais. Cela m’avait probablement valu quelques insultes et plaquages au sol, mais tout finissait par m’échapper. Nous étions ici pour une seconde chance, pour une repentance, et non pas pour subir une punition. Il s’agissait d’une bénédiction, et non d’une malédiction. Les signes se multipliaient. Les dons dont étaient affublés les habitants de Varakes, le bon esprit général des habitants, l’effacement de tous nos péchés. Certains s’en plaignaient, et peut-être que le prix était élevé voire disproportionné entre les souvenirs heureux et les péchés manifestes, mais rien n’était gratuit. Ni ici, et j’en déduisais qu’ailleurs, c’était la même rengaine. Entre perception et conception, parfois il était nécessaire de faire abstraction sur des concepts bien tortueux. Il y avait des incohérences dans cette religion, mais l’existence d’un Dieu suprême ne faisait nul mystère. La foi était la suppression des si. Il fallait accepter ce constat et penser à comment améliorer autrui, s’améliorer soi-même et promouvoir la bonté dans le cœur des Hommes. J’y croyais. Fermement. Nous avions tous une part de bonté et de bienveillance. Ce n’était qu’une question de savoir creuser et d’arracher le bandeau, plus ou moins profondément enraciné sur les paupières des égarés. Dieu m’avait confié cette mission, celle d’un messager, le protecteur des démunis et des miséreux, mais aussi d’instrument de promotion du bien, et non pas du chaos. Je n’étais pas ici pour tester la foi, non, mais pour que les habitants en prennent et comprennent toute l’essence. L’Homme était fait pour croire en quelque chose, qu’il appelle cette force Dieu, plante, Karma, hamburgers, peu importe. Il y aurait toujours cette approche mystique, qui conduirait à la vénération et, quelque part à l’asservissement. Je ne prônais pas un asservissement des croyants. En tant messager, je Lui étais asservi, parce qu’il m’avait chargé d’une mission viscérale. Et ceux qui ne supportaient pas la vénération, un simple respect suffirait.

Messager de Dieu, tantôt à l’aise, tantôt maladroit, je venais de bénir Siobhan avec de la sauce. Nos rires se mêlent, et je me surprends à apprécier son humour et sa répartie. « Surtout quand on sait que c’est du jus de raisin avec du vinaigre. Une recette personnelle et secrète de notre cher Père Gérard. » Je joins mes mains et feins de remercier Dieu pour une telle trouvaille. Pauvre homme. J’en riais et je ne manquerais pas d’ajouter du sel une fois ma peau flagellée pour rattraper ces paroles. Je me rendis alors compte que cela faisait longtemps que je n’avais pas pris le temps de rire, de laisser de côté la toge pour porter un humble t-shirt, toujours arborant la Broche. Je l’observe s’asseoir et l’écoute, souriant et riant. « La solution radicale serait de l’enfermer dans le confessionnal, mais j’ignore dans quelle partie encore. » Je ne relève pas la mention du cadeau d’anniversaire, probablement parce que je n’ai pas pris le temps de le fêter. La mission était plus importante. Je sens son sourire gâché par l’embarras, la gêne alors qu’elle joue avec un brin d’herbe. Je capture délicatement son brin d’herbe et cherche son regard d’un air complice. Je penche la tête et lui sourit, prenant un air rassurant. « C’est pas grand-chose, et ça me fait plaisir alors il n’y a pas à avoir cette impression. » Je me redresse fièrement et bande mes biceps pour défaire un pauvre sachet de sauce. « Siobhan manquant de manière, ce serait comme voir un sandwich sans sauce. »  A peine j’eus le temps de finir ma phrase que le sachet explosa entre mes doigts. Je lève les yeux au ciel, poussant une moue boudeuse avant de me tourner vers Siobhan, pouffant de rire.

Je prie alors un air faussement sérieux, avant de me mettre à rire avec elle. L’arroseur arrosé, je ne pouvais que rire. Sa répartie me surprit une fois de plus alors que j’esquissais un large sourire mutin. « Je crois que c’est un juste retour des choses. Il a fait son travail de régulateur de l’équilibre, amen. » Je souris et continue de m’acharner à essayer d’enlever les taches de ketchup sur mon t-shirt. Langue tirée sur le côté, concentré comme si ma vie en dépendait je m’acharne sur les tâches, dans un espoir vain. Je relève la tête et tourne mécaniquement la tête vers Siobhan. Jamais je ne l’aurais laissée seule avec lui. Je ne voulais pas qu’elle passe un moment pour être mal à l’aise. J’étais inconscient, mais pas totalement fou. « Jamais j’aurais laissé ça arriver. » Elle se met à rire, et mes joues rougissent légèrement. Un brin protecteur, peut-être même beaucoup trop, je passe ma main derrière ma nuque et me mets à rire avec elle. Je prononce une prière avant de pouvoir commencer à manger. Je lui tends un sandwich avec un sourire sincère avant de partager mon inquiétude à son égard.

Siobhan leva alors les yeux vers moi. J’eus à peine le temps de ciller que son regard rejoignit le sol. Je craignais de l’avoir mise mal à l’aise, chose que je tenais absolument à éviter. Je connaissais ce regard fuyant. Il marquait les esprits fatigués, par la vie et le doute. J’avais eu le même, il y a peu et je ne pouvais que la comprendre. Mais avant de m’emporter dans des conclusions hâtives, je la laisse partager ses pensées, masquant à peine mon inquiétude à son égard. Je l’écoute, attentivement. Les tentatives de détournement de sujets étaient nombreuses, je souriais à chaque once d’humour, prenait un air sérieux lorsque ses mots se faisaient moins fluets. Je décelais alors une peur du reproche et de la punition, la peur du jugement et que sais-je encore. J’admirais son travail, et la sincérité avec laquelle elle procédait. Quelque chose retint mon attention. Plus aucun espoir pour moi. Certes, elle parlait de Père Gérard, qui lui, était une cause perdue mais elle ne pouvait décemment pas se comparer à un rustre pareil. Je pris alors une gorgée d’eau, et je ne manquai pas de m’étouffer avec à la fin de sa phrase. Toussant fortement et cognant le poing contre mon torse, j’éclate finalement de rire avant de secouer la tête. « Père Gérard ne te sauvera pas de la discussion, Siobhan. Enfin, je sais pas ce qu’il fait parmi nous, il était déjà là quand j’ai pris la toge. » Je passe ma main sur mon menton avant de soutenir son regard à nouveau. « Ca arrive à tous, t’as un travail que je trouve grandiose et admirable. Tu n’auras jamais rien à craindre de moi, à part quelques sermons mais.. Suis-moi. Je dois te montrer quelque chose. » Je prends alors sa main dans la mienne et la porte jusqu’au sommet d’un arbre.

Je la tiens fermement pour l’empêcher de glisser et qu’elle se blesse. « Il faut savoir relâcher la tension des choses et accepter l’aide de Dieu. Il te pousse dans ton travail, il est à tes côtés et ce, même si ton attention pour l’Eglise en pâtit. » Je pose ma main délicatement sur son visage et lui offre un sourire sincère avant de la prendre dans mes bras et de plonger dans l’eau, au moment où elle s’y attend le moins. Mon dos amortit le choc de l’impact de nos corps alors que je me mets à rire, ne ressentant aucune douleur grâce à Dieu. La sensation de l'eau est rafraîchissante. J'avais toujours cru en ses pouvoirs salvateurs  « Moralité du sermon, il y a toujours de l’espoir, peu importe que ta chute soit d’un arbre, d’un rocher ou d’une montagne. »  Je lève les yeux vers le ciel et rejoins mes mains, en capturant les siennes. Je me mis alors à prier pour elle, dans l’eau, avec ferveur. « Il suffit juste d’y croire, Siobhan. Tu ne seras jamais seule. Il veillera toujours sur toi, que ce soit par son propre chef ou par l’action de ses messagers. » Je relâche délicatement ses mains. Un large sourire mutin finit par se dessiner sur mes lèvres.
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Siobhan
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MessageSujet: Re: (rafhan) the wave i could never tame.   Mar 20 Juin - 16:50

THE WAVE I COULD NEVER TAME
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As if the first cut wasn't deep enough, I dove in again 'cause I'm not into giving up. Could've gotten the same rush from any lover's touch, why get used to something new? 'Cause no one breaks my heart like you. And you kiss me, and you wish we could see what happens next. For a moment, I can forget what happens in my head. If I doubt you, will you come through with a happy second chance? A happy ending but this time you don't leave me sinking


S’entretenir ainsi sur une plage à laquelle il n’était pas aisé d’accéder, à des kilomètres de la church, lui avait paru incongru et si le malaise s’était estompé aussitôt que Père Rafe l’avait accueilli, d’une manière un peu malheureuse cela va sans dire, cela lui paraissait maintenant étrange. Dénuée de tout aspect formel pouvant se représenter sous la forme de la toge du prêtre ou de la bâtisse impressionnante, cette rencontre était pour le moins inhabituelle et dès ses premiers instants, à mille lieues de ce qu’était ses échanges avec les autres représentants de l’Église, s’il était même possible de qualifier cela d’échange alors qu’elle s’en tenait à quelques mots, hochant simplement la tête quand il lui semblait bon. Elle ne se permettait pas de rire sereinement ou de plaisanter sur les prédicateurs, du moins pas avec la grande majorité des fidèles et certainement pas avec l’un d’entre eux mais Père Rafe lui semblait différent et c’est sans doute pour cela qu’il était plus aisé de se détendre à ses côtés et relâcher la tension dans ses épaules. Suffisamment pour qu’elle s’amuse de sa maladresse en oubliant pourquoi ils se trouvaient certainement ici, à l’abri des regards et surtout des oreilles indiscrètes. En soi, il lui avait rendu service en s’abstenant d’avoir cette discussion devant d’autres disciples, là où l’on pourrait la juger comme ils en avaient tant l’habitude bien qu’ils n’étaient pas censés le faire, brisant ironiquement eux-même les enseignements qui leur ont été appris.

Cependant, toutes les bonnes choses ont une fin et voilà que son sourire s’estompe alors qu’il en vient à ce qui l’intéressait vraiment, ce dont elle se serait bien abstenue si elle en avait eu le choix. Mentir ne lui servirait à rien, d’autant que mentir à un homme de Dieu devait être un péché bien plus grave que le simple mensonge. Il lui confie la trouver détachée, si ce n’est distante, et elle ne peut lui en vouloir bien qu’elle ne puisse s’en excuser. Elle lui répond sans vraiment le faire, n’effleurant que la surface de ce qu’il souhaiterait entendre mais de ce qu’elle ne peut lui avouer. Elle veut changer de sujet, lui offrir un sursis supplémentaire avant que les choses ne deviennent trop compliquées pour qu’elle puisse apprécier la brise frappant son visage et le flot de l’eau sur le sable mais sans grande surprise, sa stratégie échoue comme une de ces piètres illusions qu’elles s’essaient à former alors qu’elle venait de découvrir ce qu’elle était capable de faire. Un vulgaire subterfuge bien trop médiocre pour faire l’affaire. Père Gérard ne te sauvera pas de la discussion, Siobhan. Décidément, ce dernier n’était véritablement qu’un bon à rien, pas même utile pour dévier les questions de ses pairs. Mais il lui assure qu’elle n’a rien à craindre de lui et elle aimerait y croire, tout comme elle aimerait avoir une foi inflexible mais pour l’un comme pour l’autre, les choses étaient bien trop complexes pour qu’elle puisse s’y abandonner complètement, aussi agréable serait le sentiment de sérénité qu’elle en éprouverait. Elle ne sait pas quoi lui répondre alors elle se contente de l’observer sans rien dire mais le prêtre n’est pas en reste, sa main attrape la sienne et elle se met à le suivre d’un pas rapide en direction d’un arbre au pied duquel il l’attrape pour mieux l’élever. « Mon pè– Rafe, je sais pas si c’est une bonne idée, je suis pas très à l’aise en hauteur… » Ses paroles sont inutiles car elle ne les a pas fini qu’il l’a déjà posé sur une branche de l’arbre, ayant la bonté de la tenir pour lui éviter une chute malheureuse, ce qui n’empêche pas la jeune femme de faire pâlir ses articulations en se tenant férocement à la branche sur laquelle elle était assise. Il pose sa main sur son visage et elle scrute son regarde, sans doute pour déterminer à quoi rimaient ces mots. Comment pouvait-elle accepter de l’aide dont elle doutait de l’existence, n’étant pas même certaine que l’entité les observant ici-bas souhaitait les aider, préférant sans doute les observer se déchirer et se faire la guerre comme un petit garçon avec ses petits soldats. Le chaos est toujours plus attrayant à observer de l’extérieur que la bienséance.

Sans qu’elle ait le temps de comprendre, ni même de lui répondre, il la prend dans ses bras et elle tombe, sans savoir où se finira sa chute avant que son corps ne rentre au contact de l’eau fraîche. Une fois avoir émergé de l’eau, plaquant ses mains sur son front pour les faire glisser en arrière afin de rabattre ses cheveux de façon à dégager son visage, elle regarda Père Rafe avec des yeux presque ahuris, n’arrivant pas à faire sens de l’enchaînement des derniers événements. « C’est toujours un prêtre qui est à l’origine de la chute ? Il fallait me prévenir que l’Église s’était mise aux travaux pratiques. dit-elle en souriant, bien que perdue par les agissements du prêtre. Cela lui avait permis de remettre ses idées en place mais le sermon n’en était pas moins original, si ce n’est loufoque, mais il se fit bien plus sérieux lorsqu’il attrapa ses mains entre les siens et leva les yeux au ciel, trajectoire qu’elle suivit de son regard pour le poser sur ces mêmes cieux, l’écoutant parler, avant de l’abaisser pour le regarder avec confusion. Tu dis ça comme si c’était simple. Comme si c’était évident. C’est une façon de penser rassurante mais ça paraît presque trop beau pour être vrai. Ses yeux bleus se levèrent à nouveau pour observer le ciel au-dessus d’eux, comme si elle pourrait y obtenir davantage de réponses. S’Il veille sur chacun d’entre nous, pourquoi certains sont-ils toujours frappés par la misère ? Ils ne peuvent pas tous être de mauvaises personnes... Est-ce que c’est simplement parce qu’ils ne se sont pas suffisamment rachetés à Ses yeux ? Je me demande ce qu’on a pu faire d’aussi abject pour mériter une telle Rédemption. Il relâche ses mains et elle réalise que ses propos lui avaient échappé sans qu’elle ne puisse les censurer, craignant d’en dévoiler trop si elle ne s’arrêtait pas d’observer Son royaume céleste. Elle reposa son regard sur le Père Rafe, arquant un sourcil en sa direction. Peut-être que me projeter de la sauce dessus ou me jeter à l’eau est Sa façon de me punir pour ne pas assister à la messe aujourd’hui, même si je pencherai davantage pour l’option où la maladresse et les fantaisies du prêtre sont responsables. Son expression se fit plus insouciante alors que ses lèvres esquissèrent un sourire mutin. D’ailleurs, je pensais que l’on n’était pas censés se baigner ? A croire qu’elle était véritablement passé à côté du mémo lui enjoignant d’apporter un maillot de bain avec elle, bien que cela soit trop tard maintenant pour sauver ses vêtements de ville de la baignade. Elle fit un mouvement de son bras pour ne pas perdre son équilibre précaire, avec plus de force que nécessaire et suffisamment brusque pour éclabousser le prêtre en plein visage. Oh pardon, je suis désolée. » souffla-t-elle dans un rire étouffé, feignant une fausse innocence. Il l’avait propulsé dans l’eau, elle pouvait bien lui rendre la monnaie de sa pièce.
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I.R.F
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MessageSujet: Re: (rafhan) the wave i could never tame.   Mar 20 Juin - 23:11

SOUVENIR DE siobhan
Le rire cristallin d’une enfant résonne dans l’air, rapidement rejoint par le rire enfantin de deux voix plus graves. Tu ne te souviens pas t’être amusée ainsi depuis un long moment. C’est l’été, les cours sont terminés, il te semble avoir la vie devant toi pour jouer. Essoufflée, tes yeux regardent à gauche et à droite à la recherche d’un endroit où te cacher alors qu’une voix compte à rebours. 10. Tu as beau cherché, il n’y a que de la verdure à perte de vue. 9. Ton regard accroche sur un arbre. Une figure cachée derrière semble te faire signe. 8. Ton sourire s’agrandit et tu accours vers la figure. 3. Une main agrippe ton poignet et te tire derrière l’arbre alors que tu ris. 2. Le garçon te sourit et mets son index devant tes lèvres alors que tu poses tes mains sur tes lèvres pour ne pas faire trop de bruit. 1. Vous retenez votre souffle alors que le jeu commence réellement. Le temps passe, chaque seconde semble s’étirer pour l’éternité alors que tu échanges des regards complices avec ton compagnon de cachette. « BOUH! » La voix apparaît soudainement faisant sauter ton cœur dans ta poitrine, et un cri aiguë t’échappe avant de se transformer en rire.

Tes doigts glissent sur la photo alors que tu te rappelles ces moments heureux. Si seulement ils avaient pu continuer pour toujours que tu te dis l’esprit brumeux. Tu tends le bras pour attraper un marqueur noir, faisant quelques bouteilles sur ton chemin, avant de finalement le saisir. Et malgré ton état d’intoxication avancée, tu t’attardes, très concentrée, à la tâche de recouvrir de noir les deux garçons identiques sur la photo, n’y laissant que toi, enfant et heureuse.
Spoiler:
 

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Rafe
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MessageSujet: Re: (rafhan) the wave i could never tame.   Lun 26 Juin - 8:44

THE WAVE I COULD NEVER TAME
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As if the first cut wasn't deep enough, I dove in again 'cause I'm not into giving up. Could've gotten the same rush from any lover's touch, why get used to something new? 'Cause no one breaks my heart like you. And you kiss me, and you wish we could see what happens next. For a moment, I can forget what happens in my head. If I doubt you, will you come through with a happy second chance? A happy ending but this time you don't leave me sinking


Naïf et bien trop occupé par l'inquiétude qui m'animait, j'en oubliais les codes et les conventions, ce qui était permis ou non. Je n'étais pas de ceux qui pensaient que les mauvaises actions pouvaient aboutir à de bons résultats. Non, nous devions tous faire le bien, même si au final, le résultat était douteux et manifestement étrange, pour ne pas dire incongru. Il n’y avait pas si longtemps que j’étais devenu prêtre un peu plus stable. Je préférais de loin aller sur le terrain, et cela pouvait expliquer mon manque de tact au mieux, ma brutalité au pire. Siobhan était devenue distante ces derniers temps, comme préoccupée par un mal que je connaissais bien pour y avoir fait face à mon tour, qui n’était, finalement, que le doute. Le pourquoi. J’aimais questionner les choses, parce que c’était un moyen d’apprendre mais l’aventure pouvait vite se transformer en perdition si l’on ne prenait pas gare où on plaçait ses pieds.

La foi était la fin des pourquoi. La foi permettait de se laisser guider, de faire fit des doutes pour devenir plus fort encore. La foi n’était rien d’autre que de l’énergie que Dieu nous donnait pour affronter les méandres des obstacles les plus infimes. Il nous rendait dignes, dans son omniprésence. Il nous rendait forts dans son omnipotence. Je comprenais les égarés, pour avoir été à leur place un jour. Et parce que je savais ce qui arrivait aux égarés, je voulais les préserver d’un chemin bien trop dangereux.  Je ne cherchais pas à les tester. Ce n’était pas ma mission sur ici. Non, si elle tenait à voir sa foi défiée et ébranlée, il suffisait seulement de se rendre chez une fleuriste, aux roses bien trop épineuses. Je trouvais qu’un plongeon était nettement plus agréable que des épines acérées. Alors je ne lui avais pas laissé le choix. Je n’écoutais pas ses doutes, encore une fois. Ou plutôt une peur des hauteurs accentuée par ses jambes tremblantes. Son visage entre mes mains, je lui souris et la prends fermement contre moi, sans pour autant lui briser ses os frêles. Il ne manquerait plus qu’elle se blesse par la faute d’un prêtre. J’amortis l’impact de nos corps avec l’eau et profite de la fraicheur, bien trop heureux de pouvoir m’éloigner de Varakes et de ce combat perpétuel. Il ne pouvait avoir de mal à se ressourcer. Non ? Elle sourit, ce qui me rassure quelque part. Elle aurait pu me noyer -jusqu’à la preuve du contraire, les prêtres ne savaient pas marcher sur l’eau. Je me disais que peut-être, je pouvais la fendre en deux. Oui, non. Je ris à sa remarque et sors lentement la tête de l’eau. « Y’aura toujours un prêtre pour amortir ta chute ou la rendre moins douloureuse quoi, pour t’accompagner dans l’adversité. » Je me mets à rire et reprends. « Je sais pas vraiment si j’ai le droit de faire ça pour être honnête. Mais bon, ça restera entre toi, moi et Dieu. » Oui, rien que cela. Du moment que je ne m’éloignais pas de ses préceptes à lui, je ne voyais pas très bien en quoi je pouvais contrevenir à ceux prôner par l’Eglise de la Seconde Chance. Alors que je m’égare dans ma prière, je reviens parmi elle, frappé par son regard ampli de confusion. Je l’écoute alors, attentivement. Je lève le regard vers le ciel, accompagnant le sien avant de lui redonner toute mon attention.

Tout n’était pas forcément simple, ni même très compliqué non plus. Mais j’arrivais à entendre son désarroi quant aux miséreux. « Justement, si tout était si simple, on serait tous entrain de porter la broche mais Dieu a fait l’Homme à son image. Nous sommes des créatures complexes, avec des doutes, des espoirs et des désillusions mais, justement, c’est ce qui nous renforce et c’est que Dieu cherche. A nous rendre plus fort, et meilleurs. Il veut qu’on devienne de meilleures versions de nous-mêmes mais la condition est d’être prêt à accepter la foi. C’est tout ce qu’il demande. » La misère et l’infortune, voilà des maux qui frappaient les Hommes. Peut-être l’avaient-ils mérité ? Ou était-ce Dieu qui s’évertuait à tester leur foi, parce que leur âme était tellement corrompue qu’elle se devait d’être purifiée par des épreuves. « Je comprends tes doutes Siobhan et je me suis pas réveillé en ayant cette foi. Elle est venue à moi et je l’ai embrassée. » Je lui souris, relâche enfin ses mains. Elle arque son sourcil, m’observe et en réponse, je penche la tête d’un air interrogateur, intrigué. J’esquisse un sourire sincère et retiens un rire. « Je vois absolument pas de quoi tu parles. Je suis un messager de Dieu, je peux pas être maladroit, sauf s’il me demande de l’être. » Je pris alors un air ferme et sérieux avant de lui donner un coup d’épaule. « Tu m’as cerné, je reconnais ma défaite. » Les sermons m’avaient poussé à franchir les portes de l’Eglise pour voir la réalité de la foi. Je n’étais pas le plus rigoureux sur le protocole. J’étais probablement celui qui s’en fichait le plus, mais toujours dans le but d’arriver aux bons résultats. Je lève alors mes mains, d’une façon innocente avant de recommencer à rire. Je n’avais pas prévu une quelconque tenue de rechange non, ceci dit. Je la regarde avec tendresse et affection alors qu’elle se mit à faire un mouvement suffisamment fort pour propulser l’eau en plein fouet sur mon visage. Je secoue alors la tête en gonflant mes joues. J’arque un sourcil et laisse un sourire mesquin étendre mes lèvres. « Je te pardonne, maintenant. » Aussitôt mon bras devint plus fort, créant une petite vague, s’effondrant sur Siobhan. Je lève les yeux au ciel, faisant semblant de n’y être pour rien. « Dieu a eu sa vengeance. » Je replonge ma tête sous l’eau et secoue mes cheveux au plus proche de la jeune croyante égarée. Mes lèvres laissent apparaître un large sourire satisfait et fier. On ne pouvait pas jouer face à l’Eglise. Enfin si, mais il fallait aimer perdre.
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Siobhan
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MessageSujet: Re: (rafhan) the wave i could never tame.   Ven 30 Juin - 12:03

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Ses louanges paraissaient s’adresser aux cieux plus qu’ils ne lui étaient directement adressés, ces mains jointes en Sa direction exprimant une reconnaissance qu’elle ne pouvait pas encore comprendre parfaitement, l’idée de s’abandonner aux mains d’un bienfaiteur céleste lui étant encore hors de portée alors qu’il semblait avoir saisi ce qu’elle ne parvenait pas à assimiler bien qu’elle s’y essayait chaque jour. Sa formulation laissait penser qu’il était aisé de se laisser faire et de croire sans arrière-pensées aux préceptes réconfortants porteurs d’espoir et peut-être était-ce simple pour la plupart des personnes qui voulaient bien s’y tenter mais cela paraissait trop bienveillant pour qu’elle ne puisse soulever les zones d’ombre que pose cette foi. Pour la première fois, elle se permet même de partager une partie de ses hésitations sans vouloir céder à la tentation de s’épancher trop longuement avec un homme qui portait habituellement la toge, symbole même de son dévouement, si grand qu’il ne cille pas devant ses propos et parvient à lui répondre, sans hésitation aucune pour sa part. Elle l’entend mais ne peut s’empêcher d’avoir la sensation amère d’avoir posé des questions qui demeurent sans réponses ou bien toute la nuance était dans le fait qu’il ne pouvait y avoir d’explication aux maux qui nous frappent, chose si complexe qu’elle ne pouvait l’envisager à moitié sans vraiment la comprendre, contrairement à lui. Je me suis pas réveillé en ayant cette foi. Elle est venue à moi et je l’ai embrassée. Ça la fait tiquer et ses yeux se posent sur les siens, pour tenter d’y chercher la vérité. Un peu naïvement sans doute, elle pensait que la foi s’était imposée à lui naturellement sans qu’il n’y réfléchisse à deux fois mais il lui apprend le contraire et elle y croit. Ses mots résonnent dans son esprit et ils font sens, à leur façon. La foi était venue à elle également à son réveil ou bien elle était venue vers la foi comme un refuge pour éviter la perdition ou encore chacune avait fait la moitié du chemin en direction de l’autre pour se rejoindre, quoi qu’il en était, elle pouvait la frôler des doigts. Elle était suffisamment proche pour qu’elle puisse y croire en partie, il suffisait alors qu’elle l’embrasse dans une étreinte synonyme d’acte de foi, un saut à l’aveugle dont elle ne pouvait qu’espérer une bonne issue et non un atterrissage violent et sanglant au sol mais comme Rafe le disait si bien, il y aura toujours un prêtre pour amortir sa chute.

Néanmoins, elle se garde de lui répondre parce qu’elle ignore comment formuler une phrase qui traduirait fidèlement ses pensées, aussi bêtement que cela puisse paraître. A la place, elle préfère plaisanter pour que la conversation prenne un ton plus léger, peut-être moins fataliste de sa part. Peut-être comprend-il son intention ou a-t-il lui-même envie de se défaire d’une discussion trop sérieuse car il plaisante à son tour et elle sent ses muscles se relâcher tandis que sa mâchoire devient moins crispée, le prêtre ayant le don pour la faire sourire et lui épargner des discours moralisateurs. « Oui, c’est vrai que c’est pas de la maladresse, tout ça c’est juste pour me tester. dit-elle alors que le coin de ses lèvres se dresse en un sourire taquin et feignant un geste malheureux, elle lui jeta de l’eau au visage. Ses excuses perdaient toute leur valeur quand on pouvait voir l’expression sur son visage, bien plus amusée que désolée. De toute manière, ils étaient déjà trempés alors ce n’est pas une vaguelette qui lui fera du mal. Faut croire que je suis bien maladroite moi, à moins qu’Il m’ait demandé de l’être. Elle éclate de rire, préférant cela qu’être gênée par sa mauvaise blague, alors qu’il hausse un sourcil, ses lèvres s’étirant en un sourire qui ne valait rien de bon tandis qu’il avouait lui pardonner. C’est généreux de ta part. glissa-t-elle avec amusement qui se transforma aussitôt en surprise, son sourire s’effaçant pour laisser sa bouche entre-ouverte au contact de l’eau jetée sur son visage. L’arroseur arrosé comme on dit. D’accord, d’accord, Il s’est vengé, j’ai compris. » dit-elle en riant alors qu’elle leva ses mains pour se protéger vainement des gouttelettes venant l’asperger alors qu’il secouait ses cheveux suffisamment près pour qu’elle puisse subir sa revanche. Mais alors qu’elle riait, le visage de Rafe s’estompa devant ses yeux, le sable beige se muant en de l’herbe verte à perte de vue alors qu’elle continuait de rire, sa voix devenue enfantine. Les cachettes sont difficiles à trouver mais voilà qu’une main l’attire derrière un arbre où se cachait un jeune garçon lui enjoignant de se taire. Le silence ne leur suffit pourtant pas à passer inaperçu quand un autre garçon saute devant eux, identique à son compagnon de jeu, riant tous les trois de bon cœur maintenant que le jeu avait touché à sa fin. Sauf que ça s’arrête pas là, la verdure a disparu aussi subitement que sa jeunesse enfantine, mais elle est toujours là, ailleurs que sur une plage, ses joues réchauffées par l’alcool et non rafraîchis par un vent marin. Et elle a l’impression de se prendre un coup à en couper la respiration quand elle reconnaît la photo entre ses mains parce qu’elle l’a déjà vu et elle l’a déjà observé sous toutes ses coutures à maintes reprises sauf que entre ses doigts, se tient une photo intacte où l’on aperçoit trois enfants souriants et non une gamine esseulée avec pour seule compagnie une tache noire. Si cette gamine est toute seule sur sa photo, c’est par sa faute car c’est elle qui a rayé les deux garçons identiques, méticuleusement, comme si elle ne pouvait se permettre d’apercevoir la moindre partie de leurs êtres. Elle se demande ce qui a bien pu se passer pour qu’elle puisse faire une telle chose, s’ils ont mérité un tel oubli ou si elle ne peut se blâmer qu’elle-même. Elle se demande même si ce n’est pas l’un d’entre eux qui était dans le cercueil ce jour funeste, cette personne à qui elle en voulait tellement. Mais elle n’a pas le temps de comprendre que Rafe se trouve à nouveau devant elle et son esprit n’est plus embrumé par l’alcool. Elle ne peut même pas blâmer la liqueur pour justifier son trouble. Elle est juste perdue, les pieds dans la flotte, scrutée par le plus haut juge qu’il soit.

Sans chercher à s’expliquer, elle sort lentement de l’eau, s’essorant les cheveux avant de s’asseoir sur le sable en bordure de l’eau sans craindre pour ses vêtements qui, à ce stade, avaient déjà suffisamment pris pour ne plus s’en préoccuper et de toute manière, elle était encore trempée alors ce n’est pas quelques vagues qui changeront quoi que ce soit. Attendant silencieusement qu’il vienne la rejoindre, elle scrute l’horizon et ses promesses, imaginant le sort qu’Il avait bien pu réserver à ces jumeaux dont elle avait voulu ne plus se souvenir avant même que sa mémoire ne lui soit ôtée. Elle l’observa s’asseoir à ses côtés, attendant qu’il soit installé pour lui faire part de ce qui lui pesait dorénavant sur la conscience. « Et les autres, qu’est-ce qui leur arrive? demanda-t-elle en fixant anxieusement les grains de sable à leurs pieds avant de relever ses yeux vers les siens, une nouvelle fois. Enfin, je veux dire… on ne peut pas être les seuls qui restent… non ? Si on a eu le droit à une seconde chance, qu’est-ce qu’il advient de ceux qu’on a laissés derrière nous ? Aussitôt ses paroles prononcées, elle les éconduit d’un geste de la main dans les airs, un rire gêné échappant de sa gorge tandis qu’elle détournait son regard du sien. Je suis désolée, c’est pas du tout optimiste ce que je raconte, faut pas faire attention. Tu m’as pas fait venir ici pour que je te pose des questions auxquelles tu peux pas répondre. C’est vrai après tout, il était coincé ici comme elle alors comment pourrait-il bien savoir ce qui se passait au-delà de cette ville. Dieu pouvait bien lui apporter un grand nombre de réponses, Il ne pouvait lui dévoiler le sort qu’il réserve à chacun d’entre nous, ce serait une connaissance bien trop terrible à porter pour un simple homme. D’autant qu’elle ne voulait pas l’accabler pour quelque chose dont il n’était pas responsable, à l’image de sa réaction envers le gamin qui avait eu le malheur de lui avouer son lien avec les lions alors qu’elle s’était souvenue d’un macchabée. C’est gentil d’avoir organisé cette rencontre ici. Je sais que je suis pas une fidèle exemplaire et que t’as sûrement plus important à faire que devoir me ramener dans le droit chemin mais j’essaie, pour ce que ça vaut. C’est agréable de pouvoir en parler avec quelqu’un qui comprend, même un peu et même si ça me fait encore de bizarre de te tutoyer et te voir sans ta toge. » Elle lui sourit, timidement cette fois-ci, un peu gênée d’avouer à haute voix ce qu’ils savaient déjà mais soulagée d’avoir pu le faire également, lui promettant implicitement d’essayer d’embrasser la foi comme il l’avait encouragé à le faire.
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Rafe
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MessageSujet: Re: (rafhan) the wave i could never tame.   Lun 3 Juil - 9:21

THE WAVE I COULD NEVER TAME
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As if the first cut wasn't deep enough, I dove in again 'cause I'm not into giving up. Could've gotten the same rush from any lover's touch, why get used to something new? 'Cause no one breaks my heart like you. And you kiss me, and you wish we could see what happens next. For a moment, I can forget what happens in my head. If I doubt you, will you come through with a happy second chance? A happy ending but this time you don't leave me sinking


La belle vie, celle-ci même sans problème, où seules de légères vaguelettes viendraient troubler le courant fluide d’une rivière endormie. Beaucoup s’imaginaient qu’être prêtre, cela ne pouvait qu’être la belle vie, où la prière pouvait être facile, où les sermons étaient un geste naturel, et la foi ne pouvait nullement être remise en cause. Les murs de l’Eglise de la Seconde Chance nous protégeaient, nous prêtres mais aussi les plus démunis, de la cruauté dont pouvait faire preuve Varakes. Seconde chance ne pouvait être le nirvana, ni le repos de l’âme. Nous étions en sursis, avant d’avoir été sauvés. Nos vies étaient si miséreuse que l’Omniscient tâcha de supprimer notre mémoire, pour nous libérer de tout fardeau du passé, pour nous offrir une nouvelle chance, vierge de tout péché. J’y croyais, et tout semblait faire sens à mes yeux depuis un soir pluvieux de janvier, où tout aurait pu se terminer d’un coup d’un seul. A défaut, dans mon propre sang et les os brisés, j’y trouvai la foi, dans la plus pure de ses formes, mais aussi la plus intense. Je n’avais pas cherché à la trouver. J’étais prêt à recommencer l’expérience s’il le fallait désormais, bien trop heureux d’avoir trouvé la protection et l’amour de Dieu, que je tâchais de lui rendre chaque jour. J’avais une dette supplémentaire à son égard, et je ne pouvais pas faillir, le décevoir ou me détourner de lui. Je n’en attendais pas autant de la part des fidèles, qui n’avaient qu’à être enfants de Dieu, et non pas Son messager.  Alors je comprenais Siobhan, plus que de raison et plus que je n’arrivais à lui démontrer. J’étais apocrisiaire de Dieu, et je peinais à être mon propre messager. Chaque mot était pour lui. Chaque prière, chaque pensée, tout et ceci pour une bonne raison, parce que je lui devais tout. Trouver la foi n’était pas toujours sans peine. Certains la trouvaient au pied de leur lit, et d’autre un pied dans la tombe. Je voulais éviter le moindre mal à Siobhan, refusant de l’imaginer devoir embrasser la foi avec le goût métallique du sang. Non, je préférais qu’elle ait le goût salé de l’eau. Je baisse légèrement les yeux, redevant un court instant l’homme et non le prêtre avant de me ressaisir, lui souriant sincèrement.

J’observe Siobhan, vois peu à peu son sourire revenir lui aussi, ce qui soulage quelque part, les battements de mon cœur. Ses mots sont silencieux, mais son regard lui, parle et je vois qu’elle me comprend. Rassuré, j’entre à nouveau dans son jeu et m’empresse de redevenir mutin avec. Je me penche légèrement vers elle, comme pour la mettre dans la confession. « Je dois avouer que tu t’en sors pas très très bien pour le moment Siobhan. » Je lui fais une moue perplexe, exprimant mon faux doute à son égard. La jeune croyante finit par me jeter de l’eau au visage, et je contre-attaque encore, en ne tardant pas à rire. Sa répartie m’amuse mais je n’en montre rien, bien trop pressé de pouvoir prendre ma revanche. Je la laisse croire qu’elle a obtenu mon pardon, jusqu’à l’arroser par surprise en me mettant à rire de plus belle. Elle lève ses mains pour se protéger alors que je lève mon bras une dernière fois pour lui envoyer une petite vague sur elle. Peu à peu, mon rire s’estompa, alors que je trouvais face à moi une Siobhan muette, complètement ailleurs. Je m’approche d’elle, le visage fermé et les traits durcis par l’inquiétude. Alors que je m’apprêtais à tendre mon bras vers elle, Siobhan revient à moi, le regard troublé, l’air perdu. Je déglutis et l’observe sortir lentement de l’eau. Je ne pus m’empêcher de m’interroger, sur ce que j’avais dit ou fait, ce qui lui était arrivé. Je passe ma main derrière la nuque, commence à penser un peu trop. Je nage vers la plage et sors de l’eau, d’une allure pressée pour la rejoindre. Peut-être avait-elle envie d’être seule avec ses pensées, seule devant l’Eternel mais je devais savoir pourquoi cette absence si soudaine. Je finis par la rejoindre en silence, jetant quelques regards soucieux. J’arque un sourcil face à sa question et la soutiens du regard, plongeant mes iris dans les siens. Je lui souris, bien qu’intrigué. « Ne t’excuses pas, c’est normal de se poser des questions et les autres ne sont pas seuls. On ne les a pas laissés derrière, c’est Dieu qui nous a accordé cette chance parce que nous étions prêts à la recevoir. Je pense, après plusieurs recherches, qu’ils sont dans une sorte de Purgatoire, où ils doivent se montrer dignes de cette deuxième chance, ils doivent la mériter comme nous avons pu le faire avant eux. C’est pour cette raison que certains arrivent plus tôt que d’autres. Une fois sauvés, pour nous permettre de devenir meilleur, Il nous offre une mémoire vierge. » J’observe le ciel et l’horizon, commençant à me perdre dans les recherches et les pensées. Je me mis à sourire sans raison apparente et tourne à nouveau la tête vers Siobhan. « Je t’ai fait venir pour.. Tiens, mange. » Je lui tends un sandwich et en prends un à mon tour, mangeant avec un grand appétit.

Je n’aimais pas exposer mes ressentis et sentiments, préférant de loin écouter autrui. J’étais inquiet pour elle, et je ne la laisserais pas partir avant d’être, ne serait-ce que légèrement rassuré. Je retire mon t-shirt, l’essore avec force et le replace aussitôt sur mes épaules lorsqu’elle avoue que c’était encore bizarre de me tutoyer et de me voir sans toge. Je déglutis et me racle la gorge avant de me mettre à sourire plutôt surpris et amusé, et de durcir mes traits lorsque mes yeux croisent les siens à nouveau. « Honnêtement, je vais faire un rapport sur ton cas à l’Eglise. » Fier, je me mets à rire et lui donne un coup d’épaule. « Tu n’as rien fait Siobhan, c’est humain d’avoir des doutes mais c’est mon rôle aussi de te protéger des doutes, qu’ils viennent de toi ou d’ailleurs. Je ne veux pas te voir souffrir. » J’hausse légèrement les épaules, baisse légèrement le regard pour dissimuler ma gêne de montrer une maladresse en lui faisant comprendre que je tenais à elle, sincèrement. « Et puis je préfère ta compagnie aux postillons de Père Gérard, alors faudra t’habituer à me voir sans toge et à me tutoyer. » J’étouffe un léger rire et m’attarde sur l’horizon et l’eau. Je me redresse et me racle la gorge, affrontant tantôt son regard, tantôt en l’évitant. J’entrouvre la bouche et me ravise, avant de, finalement, sauter le pas. « Siobhan.. Qu’est-ce qui s’est passé dans l’eau ? » J’arque un sourcil et la soutiens du regard. Je m tourne totalement vers elle, lui faisant face et croise mes jambes en tailleur, prêt à écouter l’histoire qui était la sienne, un peu comme un enfant.
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I.R.F
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MessageSujet: Re: (rafhan) the wave i could never tame.   Mar 4 Juil - 0:31

SOUVENIR DE RAFE
« Tu finiras par céder, comme les autres. Vous n'êtes que vermines. » L'homme te crache des insultes au visage depuis des jours, peut-être même des semaines. Tu as fini par perdre notion du temps avec ces journées incessantes ponctuées de tortures par ceux qui tu appelais autrefois tes collègues. À ce point, tu ne te donnes même plus la peine de relever la tête, préférant fixer les lourdes chaines pesant contre tes poignets meurtris. Ils sont vifs, ayant vite compris qu'il fallait t'empêcher de retrouver suffisamment de force pour briser tes liens. Après deux fois, ils ont appris de leurs erreurs. « Donne-nous des noms. Diable, tu peux même te contenter de nous balancer des coordonnées floues. Jusqu'où iras-tu pour protéger l'ennemi de ce monde ? » Un ricanement traverse tes lèvres, secouant la tête que tu relèves finalement. Les marques sur ton visage encore présentes ont coagulées, ne laissant que du sang séché sur ta peau. « Ne dit-on pas qu'il faut aimer son prochain ? » Cette moquerie envers l'homme passe en travers de sa gorge, une expression haineuse fronçant ses sourcils et il lève le poing afin de te décrocher une droite bien sonnée. Un rictus flotte sur tes lèvres, te remettant plutôt bien de l'agression malgré la fatigue qui se fait sentir dans ton corps entier. « Tu pourrais m'enlever ça, qu'on puisse se faire une vraie baston. » Tu agites un peu tes chaînes, voyant l'air mauvais du type s'accentuer à chacun de tes mots. Pendant que tu racontes n'importe quoi, il y a des gens comme toi dehors qui goûte à la liberté un peu plus longtemps et tu ne peux pas effacer cette pensée de ta tête. C'est un sacrifice que tu porteras jusqu'à la fin. « Il est bien dommage que cela se termine ainsi pour toi, Lieutenant. Tu aurais pu aspirer à mieux. » Le titre que tu portais avec fierté avant est désormais utilisé sur le ton d'une insulte, mais tu ne t'en soucies guère. La porte de la pièce s'ouvre sur un nouvel arrivant tenant une large chaudière dans une main et un linge dans l'autre, un présage que tu reconnais immédiatement. Tu commences à être familier avec les simulations de noyade, assez pour tenter de rompre tes anneaux de métal dans un acte un peu désespéré. « Comme c'est amusant. Est-ce que notre cher Lieutenant commencerait à faiblir ? »

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Siobhan
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MessageSujet: Re: (rafhan) the wave i could never tame.   Mar 4 Juil - 17:09

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Elle pouvait encore sentir l’herbe frôler ses chevilles alors qu’elle courait à en perdre haleine pour trouver une cachette, l’air frais frappant son visage de plein fouet, son rire enfantin comme un fantôme au fond de sa gorge, s’amusant de choses qui n’étaient plus. Elle savait dorénavant qui l’accompagnait sur cette photo rayée mais au lieu de l’emplir de quiétude, cette connaissance ne faisait qu’aggraver sa peine. Étaient-ils des frères, des amis perdus de vue ou même l’un d’eux avait-il été une amourette de gamins ? Dans le fond, cela importait peu car elle ne pouvait pas s’en rappeler et de toute manière, elle avait souhaité les oublier bien avant que tout cela ne lui arrive. L’alcool avait peut-être guidé sa main mais elle n’avait pas tremblé alors qu’elle avait passé le feutre sur leur visage, méticuleusement et avec acharnement, pour les rayer de cette photo d’un autre temps, visiblement plus heureux que celui où elle avait ressenti le besoin d’être confondue dans une ivresse piteuse, sans doute dans l’objectif de les oublier au fond de son verre mais ça n’avait apparemment pas suffi. Loin des yeux loin du cœur alors autant se débarrasser de toute image de leurs visages pour qu’elles ne puissent plus se souvenir de leurs traits. Il était inutile de se demander outre mesure ce qu’ils avaient pu faire pour que sa rancœur à leur égard fût aussi grande, probablement pour ne pas envisager la possibilité où c’était elle qui était en torts et que la culpabilité lui était trop douloureuse pour qu’elle puisse les regarder en face, même alors qu’ils n’étaient que des gamins sur une photo. Cependant, elle se demandait s’ils avaient posé leurs pieds sur ces mêmes trottoirs qu’elle foulait tous les jours dans cette ville qu’elle ne pouvait quitter, même si elle n’en avait aucunement l’envie de toute manière. Et s’ils n’avaient pas eu cette chance, celle-là même en laquelle était censée croire au nom de la broche sur sa poitrine, cela signifiait qu’ils se trouvaient ailleurs, au-delà de ce dôme qui les séparaient, si même ils étaient encore en vie. Mais là était toute l’injustice et ce qui la désolait tant ; si elle faisait partie de la poignée de personnes à qui la fortune avait sourit et Dieu tendu sa main, le reste du monde croulait encore dans la poussière, en observant sans doute les étoiles chaque nuit dans l’espoir que leurs prières soient entendues et qu’il soit délivré de leur sort, en vain. Qu’advenait-il de ceux laissés derrière ? Ces jumeaux, ils devaient bien se trouver quelque part sur cette planète, que ce soit dans l’enfer dont elle avait été délivrée par Sa miséricorde ou qu’ils soient six pieds sous terre, une pierre tombale à leur nom. Leurs visages se superposèrent à ce cercueil qui la hantait encore, imaginant chacun d’entre eux avec des traits vieillis enveloppés d’un linceul au fond de cette boîte qu’elle méprisait mais cela lui retournait le cœur. Ça la ronge de savoir ce qu’ils sont devenus alors même qu’elles ne se souvenaient même pas d’eux quelques minutes plus tôt, ils n’étaient que des inconnus parmi tant d’autres dont elle ignorait l’existence et lui demande au Père Rafe, presque instinctivement, comme s’il détenait toutes les réponses à ses yeux et qu’il pourrait peut-être lui apporter ce réconfort dont elle avait secrètement besoin pour reposer son esprit et se défaire de la gêne malaisante qu’elle ressentait à être ici tandis qu’ils étaient peut-être cloués ailleurs, loin de toute grâce divine.

Pour autant, elle s’en veut de l’avoir affligé de maux qui n’étaient pas les siens, sans même daigner lui offrir une quelconque explication quant à l’origine de son questionnement, et elle balaie instantanément ses interrogations d’un revers de la main pour lui informer qu’il était inutile qu’il prenne la peine de lui répondre. Après tout, il n’en sait rien ce qui leur arrive à ceux qui ne sont pas parmi eux, comment pourrait-il le savoir, lui non plus ne peut pas quitter l’enceinte de la ville malgré son rôle prépondérant à Ses côtés ; même lui n’avait pas ce privilège, ou ce fardeau, selon ce qui se trouve réellement au-delà de ces bâtisses. Mais comme à son habitude, Rafe n’en démord pas mais c’est toujours avec bienveillance qu’il lui répond, lui offrant ce qu’elle avait espéré implicitement de sa part, à savoir des explications auxquelles elles pouvaient croire, sans qu’il ne la juge pour avoir posé la question. Elle hoche la tête silencieusement, ses yeux venant se reposer sur les siens maintenant que sa gêne avait été dissipée, l’écoutant avec un intérêt non dissimulé. S’il avait fait des recherches, c’est qu’il avait dû se demander la même chose qu’elle et cela ne put que la rassurer davantage à l’idée d’avoir osé aborder cela avec lui. « Et ce Purgatoire, c’est de notre ancienne vie qu’il s’agit ou d’une étape intermédiaire ? Si l’on a commis des péchés qui ont justifié notre sort, cette nécessité de prouver que nous sommes bons pour mériter une seconde chance ne constitue-t-elle pas une sorte de deuxième chance en soi ? Pour être méritant, il fallait bien s’absoudre de ses péchés pour prendre le chemin de la bienveillance et cela était exactement ce que l’on demandait de faire à Varakes, pour obtenir un salut mystérieux hors d’atteinte. Et comment se fait-il qu’une fois réveillés ici, certains redeviennent des pécheurs ? Est-ce que c’est simplement parce qu’ils se sont écartés de la foi, inconsciemment ? Je cherche pas à remettre tes propos en question, au contraire, je veux juste comprendre... C’est déjà plus rassurant que ce que j’avais pu imaginer, au moins il y a l’espoir de les recroiser un jour. » Si l’on arrivait à se souvenir d’eux suffisamment pour les reconnaître. Mais elle s’abstient de cette dernière phrase, plus pour s’éviter des pensées parasites que pour épargner Rafe.

La conversation reprend toutefois un ton plus léger alors que le prêtre l’enjoint à manger ce qu’il avait pu apporter sur cette plage désertée à cette heure-ci et attrapant le sandwich pour y prendre une première bouchée, elle observa le courant de l’eau aux reflets dorés dus par les rayons du soleil. Fort heureusement, la brise n’était pas assez fraîche pour qu’elle vienne à grelotter en raison de ses vêtements trempés et bien que la sensation du tissu collé contre sa peau n’était pas des plus agréables, elle ne la dérangeait pas suffisamment pour qu’elle ne puisse pas la mettre en sourdine, se contentant de retirer son pull, gardant son débardeur mouillé sur elle, à l’image du prêtre qui se permit quant à lui de retirer son haut pour l’essorer, une chance qu’elle n’avait pas. Elle ressentit alors le besoin de le remercier, pour avoir pris le temps de la rencontrer et lui avoir épargné les oreilles indiscrètes, mais aussi pour ne pas l’avoir laissé sur le bas de la route pour avoir eu le malheur de s’égarer et de ne pas l’avoir suivi avec ferveur dès le départ. Il aurait très bien pu la laisser dans son ignorance et dans ses doutes sans se retourner, après tout elle n’était rien de plus qu’une fidèle parmi tant d’autres pour lui au mieux et un élément dangereux pouvant éconduire d’autres adeptes au pire. Elle ne lui apportait rien de plus que ses pairs alors rien ne l’obligeait à perdre son temps avec quelqu’un qui n’en valait peut-être même pas la peine. Il se racla la gorge et leurs regards se croisèrent à nouveau mais ses yeux étaient austères et elle eut peur d’être allée trop loin, de ne pas avoir été assez pieuse, d’avoir cru à tort qu’elle pouvait se confier en sa présence. Ses propres yeux se firent inquiets alors qu’elle l’entendit lui parler d’un rapport sur son cas, ne pouvant se permettre de penser que ce n’était qu’une plaisanterie au cas où cela ne l’était pas. Ce ne fut que quand elle éclata de rire qu’elle se permit d’expirer dans un soupir de soulagement, ses yeux s’écarquillant avant qu’elle ne secoue la tête, pour finalement sourire à son tour, presque honteuse d’avoir envisagé qu’il puisse lui faire ça. Elle le regarde, un peu gênée mais touchée d’apprendre qu’elle a tout de même une certaine importance à ses yeux et qu’elle n’est pas qu’une personne parmi une masse informe, et elle se sent rassurée, rassurée de ne pas être en torts et rassurée par ses propos, allant jusqu’à avoir l’aplomb de l’envisager comme un ami sur qui elle pouvait compter, toge sur ses épaules ou non. Elle voudrait lui témoigner sa gratitude en croisant son regard mais le sien est rivé au sol alors elle se tait, jugeant que les mots étaient sans doute trop superficiels, se permettant uniquement de sourire lorsqu’il laisse échapper une plaisanterie et un autre pique en direction du Père Gérard, décidément peu apprécié. « Encore heureux, j’aurais été vexée autrement. Ses lèvres s’étirent en un sourire taquin alors qu’elle vient lui rendre le coup d’épaule qu’il lui avait adressé plus tôt, l’horizon venant à nouveau capter son attention, du moins jusqu’à ce que Rafe vienne à se racler la gorge et, intriguée, elle le regarda du coin de l’œil tenter de prendre la parole avant de se raviser pour finalement se jeter à l’eau, métaphoriquement cette fois-ci. C’est un peu décontenancée par sa question, mais pas surprise pour autant, qu’elle observa les vagues s’écraser sur le sable dans un tourbillon d’écume avant de prendre la parole à son tour, estimant qu’elle lui devait bien d’être honnête. Est-ce que ça t’est déjà arrivé de te souvenir de certaines choses, d’avant ? Pas forcément une personne en particulier ou de qui tu étais mais des moments de ta vie, qui ne veulent rien dire parce que ce ne sont que quelques instants de toute une vie oubliée mais des choses que tu sais que tu as vécu ? Un rire étouffé échappe de ses lèvres tandis qu’elle secoue légèrement la tête, sans perdre de vue le sable à ses pieds. C’est idiot dit comme ça mais je vois pas comment mieux l’expliquer. Je me suis souvenue de quelque chose et c’est pas la première fois... Ses yeux se posèrent rapidement sur les siens avant de détourner le regard à nouveau, se sentant un peu stupide de parler ainsi. Qu’est-ce que tu crois que ça veut dire à Ses yeux ? Si la perte de nos souvenirs a pour but de nous enjoindre à devenir meilleur, je sais pas si c’est une bonne chose de se rappeler. » glisse-t-elle, ses lèvres s’étirant en un sourire triste à l’idée que cela ne soit pas un miracle mais quelque chose de plus pernicieux que de se souvenir.
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Rafe
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MessageSujet: Re: (rafhan) the wave i could never tame.   Ven 7 Juil - 13:44

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Pendant un long moment, je la sens ailleurs, comme projeté en arrière dans une vie d’antan, qui ne lui appartient plus, et peut-être même qu’elle se n’y reconnaît pas. Comment faire ? Lorsqu’il n’y avait plus de mémoire, plus de souvenir, des objets qui ne nous évoque que le néant ? Il faut avancer, et démontrer que nous sommes dignes de cette deuxième chance. Les questions sont permises, les doutes, eux, sont néfastes et dangereux. Ils poussent à l’adversité, ils encouragent les mauvaises rencontres et augmentent les risques de blessures, qu’elles soient physiques ou mentales. Et la nuance était particulièrement fine entre ces deux notions. Je refusais, un jour, de la voir gisant sur le sol, parce qu’elle s’était égarée dans le doute. Non, la foi était là pour la protéger, pour ériger des murs protecteurs dont j’acquiesçais en devenir le gardien.  Je ne prétendais pas tout savoir, mais j’étais curieux, prudent mais curieux. J’essayais de lui répondre, lorsque je savais. Si je pouvais lui apporter quelques réponses, ce n’était que par plaisir et bienveillance. Je la savais déjà sincère et honnête, je n’avais donc pas à me méfier en sa compagnie, ni de son jugement, ni de ses questionnements. « De ce que j’ai lu pour le moment, il y a cette ancienne vie, puis le Purgatoire et enfin Varakes, pour ceux qui ont mérité une Seconde Chance. Le Purgatoire est une sorte d’aiguillage, entre ceux qui peuvent être sauvés et ceux dont l’âme est bien trop noire pour mériter un meilleur sort dans l’immédiat. Je le comprends comme ça, mais c’est si peu exploré par mes confrères encore. Je devrais me référer à notre Mère Supérieure. Je suis sûr qu’elle en sait plus, elle est particulièrement éclairée et ses paroles ne sont que sagesse. » Je hoche la tête, les yeux brillants d’admiration à son égard. Elle était littéralement Ses yeux et Sa bouche, sachant tout et d’une foi inébranlable. J’aimerais tant converser avec elle mais sa présence m’intimide bien trop, peut-être était-ce son âge avancé ou le perçant de ses yeux, ou la fonction qu’elle incarnait, mais je n’osais pas. Alors qu’avec Siobhan, je m’étais rarement senti aussi bien et, malgré ma maladresse, j’espérais le lui faire comprendre. Et, elle n’avait pas tort. Comment ceux qui ont mérité une seconde chance, peuvent-ils se remettre à commettre des péchés à leur réveil ? J’y avais longuement réfléchi, dans les rues de Varakes, mais aussi au commissariat. Il s’agissait de la limite entre le monde célestin et le monde des Hommes, qui oscillait au gré de la nature de ceux qui le composait. « Parce que Dieu est bon et miséricordieux, Siobhan. Il croit en nous et nous aime, malgré nos fautes et nos péchés. Ce qui Lui importe, aussi, ce n’est pas forcément la chute, mais la façon et la manière dont on se relève, si l’on retient les leçons ou si l’on s’en affranchit. Parfois, Il fonde un espoir trop grand en certains d’entre nous et compte sur la justice des Hommes dignes de lui pour passer Son message. Certains te diront que c’est seulement pour nous tester, mais je pense que Dieu ne peut être qu’entier, sans perversité qui est, pour le coup, du domaine des Hommes. » C’était le propre de l’Homme d’être imparfait, et c’était probablement ce qui nous rendait si intéressant à Son égard. Nous étions capables du pire, comme du meilleur. « Si tel est ton destin, tu les recroiseras. Peut-être même que c’est déjà le cas, et que c’est à vous de vous retrouver. » Je lui souris sincèrement, croise son regard un court instant et m’attarde un peu plus sur la plage et les vagues qui s’écrasent avec délicatesse.

Mon cœur finit par s’ouvrir, avec maladresse et des mots abruptes. Pourtant, cela n’enlève rien à leur sincérité. J’aimais plaisanter avec elle, je me surprenais même à quitter enfin le poids de la toge pour être plus homme et moins messager de Dieu. Elle me surprenait à m’inspirer profondément confiance aussi. Je l’appréciais, comme un prêtre pouvait apprécier ses fidèles, mais l’homme en moi se sentait prêt à en faire une amie, une vraie personne de confiance. Je la taquine, la chamboule et la bouscule. Je me sentais ampli d’une grande source d’énergie, prêt à affronter Varakes à nouveau. Je feins de souffrir de sa force lorsqu'elle vient me donner un coup à l’épaule, me tenant l’épaule en prenant un visage déformé par la douleur. Je me mets à rire à nouveau, avant de tâcher de redevenir un peu plus sérieux, parce que je n’avais toujours aucune réponse à ce qui s’était passé un peu plus tôt dans l’eau. Lorsque demanda si je m’étais déjà souvenu de quelque chose, je lui réponds par la négative en secouant la tête, avant que, soudainement, la chaleur du soleil de ma peau ne s’estompe, que le visage de Siobhan disparaisse, tout comme sa voix. Attaché comme un animal, le poids de mes chaînes mutile mes poignets alors que je me retrouve impuissant, faible et dans un corps bien trop endolori pour que ce soit le fruit du hasard. Des noms, ils veulent des noms ou des coordonnées de lieux, ils parlent d’un ennemi que je protège, et je ne comprends pas. Je ressens son poing violent s’écraser contre mon visage. Et je les provoque, ne trouvant alors rien de plus intelligent à faire. Je me sens fatigué, le visage tuméfié. Je me souviens qu’on me torture, pour des gens que je ne connais pas. Le grade qui est le mien est une insulte désormais, tout comme je semble être une vaste blague. Pourtant, je semble tenir la distance, ne le laissant pas m’atteindre. Plutôt fier, je tiens, jusqu’à ce qu’une porte s’ouvre. La lumière agresse et aveugle mes iris, me forçant à plisser mes paupières abîmées. Un homme s’en distingue, avec chaudière et linge en guise d’armes. Je reconnais ce qui m’attend, la torture, encore. La noyade, toujours. Je tente, j’essaie de m’échapper, de rompre les chaînes qui m’emprisonnent, je m’y essaie, sans y parvenir. Je me rends compte que ce que je fais ne sert à rien, et pourtant je continue. Je continue parce que j’ai peur et que mes instincts prennent le dessus. Je ne veux plus. Je ne veux plus sentir le linge obstruer ma respiration et le peu de vision qu’il me reste. Je ne veux plus sentir l’eau qui fouette mon visage et brûle mes poumons. Sa dernière phrase résonne dans ma tête, alors que je reviens peu à peu à Siobhan, aveuglé par la lumière et la boule au ventre. Mes traits sont fermés, tendus alors que je me sens livide. Les mains tremblantes, je joue avec nerveusement et les cache, en évitant coûte que coûte le moindre contact visuel mais aussi physique avec la jeune croyante. C’était la première fois que cela m’arrivait. J’en avais vu arriver, mais aux autres. Ces souvenirs, ces démons du passé qui finissaient par resurgir.

Je me gratte frénétiquement le poignet, pouvant encore ressentir le poids de ces chaînes, en me murant dans un silence de plomb. Le bruit apaisant des vagues n’est bon qu’à susciter l’angoisse. Je n’y trouvais plus rien de beau ou de réconfortant. Je n’arrive qu’à capter la fin de ses mots, alors qu’ils se mêlent avec ceux de l’homme de mon esprit. Je détourne la tête et la secoue, espérant naïvement, chasser ces images de mon esprit. Ma main passe longuement sur mon visage alors que mon air se fait plus grave, et dur. Je suis déboussolé, je mets du temps avant de comprendre ce qui était arrivé. La violence, la peur, je n’arrive pas à chasser cette boule au ventre. « Je.. Je l’ignore Siobhan mais c’est vraiment pas une bonne chose de nous forcer à se rappeler. Je comprends pas. » Je lève la tête vers le ciel, mâchoire serrée. Peut-être qu’Il nous punissait, mais de quoi ? Je n’en avais aucune idée. Peut-être annonçait-Il Son prix ? Mais je refusais de croire en un Dieu pervers et avare. Cela devait être autre chose. Je déglutis, fixe le sable, relevant à peine les yeux, sans jamais croiser son regard. « Tu es sûre que ce sont des souvenirs ? Comment tu peux en être sûre ? » Les rôles s’inversaient, je devenais celui en quête de certitudes. Je passe mon index sur les diverses marques sur mon visage et mes avant-bras. Mes traits sont déformés par le dégoût, je ne voulais pas me souvenir. Tout avait été bien trop beau pour être vrai, il fallait croire. Résolu, l’idée que la torture continuait effleure mon esprit .
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Siobhan
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MessageSujet: Re: (rafhan) the wave i could never tame.   Dim 9 Juil - 14:48

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As if the first cut wasn't deep enough, I dove in again 'cause I'm not into giving up. Could've gotten the same rush from any lover's touch, why get used to something new? 'Cause no one breaks my heart like you. And you kiss me, and you wish we could see what happens next. For a moment, I can forget what happens in my head. If I doubt you, will you come through with a happy second chance? A happy ending but this time you don't leave me sinking

Les questions l’assaillent mais il ne démord pas, son regard ne venant jamais à ciller et son visage n’affichant aucune expression pouvant témoigner d’une quelconque exaspération à son égard alors qu’elle ne lui apportait rien de plus que des énigmes qu’elle lui demandait de résoudre  à la suite les unes des autres, presque sans aucun temps de répit, sans lui offrir une quelconque répartie. Il aurait pu être lassé de la voir s’interroger et remettre en cause leurs discours, lassé de s’apercevoir qu’elle n’avalerait pas bêtement tout ce qu’on lui enseigne sans sourciller comme une sage brebis qui suit son berger sans lui demander si l’herbe ne serait pas plus verte ailleurs. Et pourtant, ce qu’il lui apprend lui convient bien plus qu’elle ne l’aurait cru et si ce n’est pas suffisant pour étancher ses interrogations, cela suffit à apaiser ses doutes pourtant persistants car elle lui fait confiance et elle a envie de croire à ce qu’il raconte, ne serait-ce que pour l’espoir de jours meilleurs à venir. Peut-être que si ces paroles étaient sorties de la bouche d’un autre, elle les aurait dédaignés comme venant de la part d’un illuminé mais elle voulait le croire, sa foi étant si prospère qu’elle se propageait naturellement autour de lui, à l’image d’un véritable messager divin. Il parvint à satisfaire sa curiosité, à nouveau, bien qu’il ait l’humilité d’avouer que leur Mère Supérieure devait en savoir davantage ; il ne pouvait tout savoir et étrangement, cela la conforta dans la confiance qu’elle pouvait lui donner. Il n’était pas un surhomme et n’aspirait guère à être traité comme tel, l’ayant enjoint à l’appeler simplement par son prénom et s’étant défait de la toge pour la journée, et cela rendait avec lui la conversation bien plus facile qu’elle ne le serait jamais avec leur Mère Supérieure. Inaccessible et inatteignable, elle l’intimidait bien trop pour qu’elle ne puisse plaisanter avec elle et encore moins avouer sans crainte ses hésitations. Elle l’effrayait quelque peu, la sainte matrone de Varakes, veillant sur eux autant qu’elle lui donnait l’impression de les surveiller. Rien de cela transparaissait quand Rafe la mentionnait, non, seule une admiration véritable semblait élever ses mots à l’encontre de cette femme à l’origine de tout. « Si tu pouvais éviter de lui mentionner que je t’ai posé la question, je t’en serai reconnaissante. lui demanda-t-elle un peu gauche, telle une gamine effrayée de voir sa bêtise rapportée à sa mère de peur d’une correction. Je ne veux pas lui causer des soucis. Un peu honteuse, elle lui adressa un sourire timide avant de détourner maladroitement le regard, pour éviter qu’il ne s’aperçoive que leur Mère Supérieure lui inspirait davantage de l’appréhension que de l’admiration absolue, sans pour autant cesser de l’écouter alors qu’il lui interprétait Sa pensée et elle hocha légèrement à chacun de ses mots. La perversité est bien le propre de l’Homme, aussi décevant cela puisse être de voir des choses affreuses commises par ses pairs sans autre explication que le simple fait qu’il manque une case chez certains et qu’ils n’ont pour but que de faire souffrir son prochain et que même Lui ne peut rien y faire si ce n’est les punir lorsque le jour viendra. Mais pourtant tout ce qu’il vient de lui apprendre sont des pensées bien plus rassurantes que ce que l’on peut raconter ailleurs ou ce que son esprit peut s’imaginer lorsqu’il se met à divaguer ces nuits où elle ne parvient pas à dormir. Elle ignorait ce qui l’avait conduit à rayer les garçons de sa vie mais les croiser ici ne serait qu’heureuse fortune car cela lui permettra au moins de savoir qu’elle n’a pas tout inventé et qu’elle n’a pas tout simplement déraillé. Qui vivra verra. » Ses lèvres imitèrent le sourire qu’il lui adressa, laissant ensuite son regard vaquer sur les horizons alors qu’ils vinrent à manger ce qu’il avait pu apporter généreusement, plaisantant un temps avant que la conversation reprenne un ton plus sincère.

L’honnêteté vint pourtant à être remise en question lorsqu’il vint à lui demander ce qu’il lui était arrivé quelques minutes plus tôt, la forçant à se décider entre balayer innocemment l’événement comme une simple absence ou lui dire la vérité, quitte à devoir lui expliquer ce qu’elle avait vécu aussi vivement que si cela venait d’arriver. Alors, sans oser vraiment le regarder tellement ses paroles lui paraissaient stupides à entendre, elle préféra aborder la chose sous un angle différent, moins frontal que si elle venait à lui confier tout ce dont elle avait pu se souvenir jusqu’ici, lui demandant simplement si cela lui était également arrivé de se rappeler de ce qui avait été autrefois. Ses mots sont sans doute maladroits et sa définition manque de clarté mais il est difficile d’être précis sur des choses aussi éphémères. Elle tenta vainement de croiser son regard avant d’abandonner rapidement, n’ayant le temps que d’apercevoir un visage fermé, lui donnant encore davantage l’impression de passer pour une idiote. Elle continua cependant de s’exprimer, venant à faire ce qui lui semblait lui avoir le plus réussi jusqu’ici sur cette plage, à savoir chercher des réponses auprès de son Père. Mais alors qu’elle lui sourit d’un air gêné, son expression s’estompa dès qu’elle aperçut celle de Rafe, l’observant secouer sa tête et passer sa main sur son visage avec un air soucieux sur le sien. « Rafe? Ça va ? Elle se pencha vers lui quelque peu, inquiète de le voir aussi troublé, une image qu’elle n’avait pas l’attitude de voir sur ses traits pourtant habituellement chaleureux et compréhensifs. Elle voulut poser sa main sur son bras mais elle pouvait presque le frôler que ses doigts se replièrent sur eux-mêmes et elle se rétracta, craignant l’importuner. C’est alors qu’il prit finalement la parole mais cette fois-ci ses paroles n’étaient que confusion et elle fut étonnée de l’entendre dire que ce n’était pas une bonne chose de forcer ainsi sur eux des souvenirs oubliés. Tu t’es rappelé de quelque chose? Il paraissait bien plus agité qu’il ne l’était que quelques instants auparavant et le changement avait été trop brusque pour qu’il s’agisse d’une simple coïncidence anodine mais s’il s’était effectivement souvenu de quelque chose, cela lui avait fait bien plus de mal que de bien à en voir sa réaction. Elle chercha son regard en vain, ses sourcils toujours froncés par l’inquiétude, alors que ses questions se retournèrent contre elle et qu’il lui fallait maintenant donner des réponses à son tour, bien qu’elle n’ait pas la moindre idée de la vérité. J’en suis pas vraiment sûre, je suppose que c’est simplement la meilleure explication qu’on a à disposition. C’est juste que ça paraît tellement réel… Certaines choses ne peuvent pas être si bien contrefaites, enfin, on ne peut pas reproduire aussi fidèlement des émotions et des sensations si elles n’ont pas été vécues, non? Encore une fois, elle ne parvenait pas à trouver les justes mots pour traduire ses pensées, ce qui la dérangeait tout particulièrement lorsqu’une certaine importance était rattachée à la réponse que l’on attendait d’elle. Ses yeux se perdirent sur l’étendue d’eau devant comme s’ils pouvaient y trouver le sens qu’elle cherchait à donner à ces souvenirs visiblement indésirables, ne trouvant qu’à la place une certaine amertume. Mais s’ils nous rappellent nos vies de péchés, ce serait peut-être mieux de ne pas se souvenir. Je sais pas ce qu’on a fait pour mériter ça mais il n’y avait rien de particulièrement heureux dans ce dont j’ai pu me rappeler, au contraire. Peut-être que c’est Sa manière de tester notre foi, nous rappeler que nous n’avons rien à regretter de notre vie passée car celle-ci est bien meilleure. Finalement, elle décida de reporter son attention sur lui et l’observant toujours avec un air soucieux, elle tenta de lui adresser un faible sourire. J’aimerais bien répondre à tes doutes comme tu as pu répondre aux miens Rafe mais j’ai bien peur d’être moins douée que toi pour ça. Je suis pas encore tout à fait prête pour la toge. Un rire nerveux échappa de ses lèvres avant que son visage n’adopte une mine plus sombre, sa main venant finalement se poser sur le bras du prêtre pour lui donner contenance. Rafe, tu vas bien? Si ses souvenirs ne l’avaient jamais laissé de marbre, Père Rafe semblait bien plus atteint que ce qu’elle avait eu l’occasion de voir ou de ressentir quand sa propre mémoire avait refait surface. Peut-être qu’elle se souciait de le voir ainsi alors qu’il avait empli d’un enthousiasme animé depuis qu’elle l’avait retrouvé sur cette plage ou bien il s’agissait surtout d’un instinct infirmier qui la poussait à s’enquérir de son état, mais l’hypothèse la plus probable était sans doute que ce soient les deux à la fois qui l’ait poussé à s’assurer qu’il allait bien malgré tout.
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MessageSujet: Re: (rafhan) the wave i could never tame.   Mer 12 Juil - 15:31

THE WAVE I COULD NEVER TAME
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Ses questions ne font nullement la sensation d’un poids sur mes épaules, et je pouvais alléger les siennes, je me portais plus que volontaire. J’aimais échanger avec Siobhan, et je me surprenais d’ailleurs. Enfin, elle me surprenait à me faire sentir un peu plus homme que prêtre par moment, et c’était probablement ce dont j’avais actuellement besoin. La tâche confiée était immense, et je m’en sentais honoré. Seulement, je me rendais compte qu’il n’y avait pas de honte à prendre un peu de recul, afin de voir les différentes perspectives, pour revenir plus fort que la veille. Et cette force, je l’avais découverte grâce à Siobhan. Je pouvais bien lui rendre la pareille, en l’écoutant et en lui ôtant quelques doutes. Je tenais absolument à l’en préserver, quitte à me référer à nôtre Mère Supérieure. Femme à la sagesse infinie, elle était aussi d’une force incroyable. Je n’avais jamais vu telle femme, et je ne pouvais que l’admirer et partager mon sentiment à son égard. Je n’étais que prêtre, aussi impliqué que je puisse être. Certains me considéraient comme éminent au sein de l’Eglise, mais je ne faisais qu’accomplir ma mission, celle pour laquelle Dieu était venu me sauver à nouveau en me donnant la foi, après m’avoir donné la vie. Et je comprenais aussi, que sa grandeur puisse intimider. Je ne me permettais pas une telle familiarité en sa présence, redevant un simple enfant dès que ses grands yeux bleus perçants venaient se poser sur moi. Pourtant, son amour était infini, presque à Son image. Et son plus bel édifice fut l’Eglise, fondée puis construite en Son honneur. C’était grâce à elle, que nous pouvions nous montrer digne de Lui et devenir, ainsi, des personnes meilleures. La requête de Siobhan étira un large sourire sur mes lèvres, amusé de la voir un peu maladroite et presque effrayée. Elle prétexta la volonté de ne pas cause de troubles, et je me retrouvai la tête penchée, sourcil arqué. Elle ne causerait de soucis à personne, du moins j’en étais persuadé. « T’as peur de son courroux divin ? Elle est d’une grande humilité, et parfois ça peut faire peur mais c’est promis, je tairais ton prénom, enfin j’essaierai. » Sourire mutin accroché au visage, je cherche son regard pour la rassurer, parce qu’elle n’avait rien à craindre de ses questions et que jamais je ne la trahirais, que ce soit face à la Mère Supérieure ou à quelqu’un d’autre. Je la considérais comme une amie, et c’était ce qui me semblait le plus naturel à faire. Ce qui nous semblait naturel, ne l’était pas pour tous. Le naturel, pour certain, était la survie et la violence. Pour d’autre, il s’agissait de mains tendues, dans le seul but d’acquérir de nouveaux objets volés, et puis il y avait les gens comme Siobhan, dont la bonté d’âme n’était plus à démontrer. J’ignorais la source de ses questions, et je ne préférais pas la mettre mal à l’aise en me montrant trop curieux. J’étais déjà bien inquiété par son absence dans l’eau, sans pour prendre la peine de rajouter une présence qui n’était probablement pas souhaitée. « Avec Dieu à tes côtés, tu vivras longtemps et tu verras beaucoup. » Je lui souris à nouveau, remarquant son regard vaquer ailleurs. Ma langue se délia, alors que je reposais le sandwich soigneusement. Mais au moment où mon inquiétude à son égard aurait du s’envoler, je me retrouvai bien loin d’elle. Bien trop éloigné d’elle.

Les traits fermés, j’étais terrifié, je ressentais tout. Et s’il y avait bien une chose que je détestais, c’était bien ces sensations-là. Ce trop-plein me coûtait toute attention, toute quiétude, et tous les bienfaits de la compagnie de Siobhan. Lorsque je lui reviens, j’observe un sourire gêné, et me demande ce que j’ai bien pu rater. Je secoue la tête frénétiquement, passe ma main, j’essaie de lui revenir totalement. Je la vois se pencher et dans un réflexe, je m’écarte d’elle. Terrorisé, j’entendais encore sa voix, et lorsque mes yeux se posaient sur les cicatrices sur mes bras, je me mis à imaginer leurs sources. Je sentais mes épaules presque disloquées à force d’être en tension, et cette peur omniprésente. Je hoche la tête, lui répondant à la positive à sa question. Mais j’ignorais si j’allais bien. Physiquement, je n’avais rien, mais dans ma tête, c’était un véritable bordel. Finalement, je parle à nouveau, confus et totalement perturbé. Je cherche son regard, tout en le fuyant, je ne sais plus ce qu’il faut faire, ni même si Dieu peut venir en aide. Lorsqu’elle demande si je me rappelle de quelque chose, j’arque un sourcil. Cela semblait naturel pour elle, alors que c’était inconnu pour moi. Elle semblait en savoir suffisamment pour savoir de quoi il s’agissait, des souvenirs. « Je préférerais rien me rappeler. » Je repliais les genoux contre mon torse, croisant les bras. J’étais dans l’incapacité de lui offrir le moindre regard tendre. Je n’étais bon qu’à la pétrification. « T’en as déjà eu toi ? Je veux dire, t’as déjà ressenti ça ? Si on vit ça, je, j’ai du mal à croire qu’on puisse vivre ça. » J’ignorais que l’Homme pouvait faire preuve d’une telle cruauté, en torturant, blessant, dégradant un semblable, que je n’étais pas, puisque je n’étais qu’une vermine. Je l’écoute à moitié, passant mécaniquement mes mains sur mes poignets, comme pour les nettoyer de marques qui n’existent plus. Ce n’est que lorsqu’elle parle de ce qu’elle a pu voir que je tourne brusquement la tête vers elle. « Toi aussi ? Fin il s’est passé quoi Siobhan ? Et je sais pas, tu as sans doute raison. » Je baisse la tête, pensif, alors que je cherchais à comprendre. Je remarquai à peine son sourire, bien trop perdu. Cependant, Siobhan réussit à m’arracher un sourire lorsqu’elle parle de prendre la toge, pensant qu’elle n’était pas prête. Je repense soudainement au poids de mes chaînes sur les poignets et au sentiment de peur à l’idée de devoir subir à nouveau une noyade. Sa main vient se poser sur mon bras et me ramène presque immédiatement à elle. Je fixe sa main et pose la mienne par-dessus. « Tu y réponds, j’ai peur de pas être capable d’entendre tes réponses pour le moment. » Je lui offre un sourire désolé, passant ma main libre sur mon torse avant d’étendre mes jambes à nouveau. Je recherche et trouve, à ma grande surprise, le réconfort dont j’avais besoin. « Je suis désolé Siobhan, c’était pas vraiment voulu. C’est ton après-midi et j’ai pas envie de laisser le passé te le voler. » Je m’approche un peu plus et serre sa main dans la mienne, délicatement. Je la fixe un instant, avant d’affronter son regard à nouveau. Après un léger silence, je fronce les sourcils, osant aller jusqu’à m’ouvrir à elle, chose inédite. « Est-ce que fin t’as déjà été malmenée dans tes souvenirs ? » Et par malmenée, je voulais dire torturée mais j’étais loin d’être prêt de reconnaître que ce souvenir pouvait être le mien. Je ne voulais pas admettre avoir été torturé dans ma vie antérieure, c’était inconcevable. Fierté mal placée, je ne voulais pas être un déchet brisé. Pourtant, je m’en rapprochais dangereusement. Il n’y avait que dans son regard que je me sentais redevenir moi-même, elle me ramenait à elle.
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Siobhan
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MessageSujet: Re: (rafhan) the wave i could never tame.   Dim 16 Juil - 16:21

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Elle était reconnaissante de se trouver assise sur cette plage à ses côtés alors que quelques heures plus tôt, elle redoutait encore de se retrouver seule face à lui, pensant qu’elle serait scrutée par des yeux inquisiteurs s’interrogeant sur la valeur de ses qualités humaines proportionnellement à la foi dont elle faisait preuve. Peu importe s’il lui fallait remercier Dieu et son messager ou seulement ce dernier, qui avait eu la bonté de ne pas poser sur elle un regard réprobateur et lui permettant de se sentir comprise, du moins quelque peu. Elle-même ignorait ce qui l’avait poussé à se tourner vers l’Église de la Seconde Chance ou ce qui l’encourageait à s’y accrocher aussi désespérément qu’un homme à la mer s’accrocherait à une bouée lancée dans sa direction ; peut-être était là la réponse, elle souhaitait simplement éviter la noyade quitte à devoir plonger la tête sous l’eau malgré tout le temps d’un baptême. Ce n’était pas un jeu à ses yeux, elle n’avait pas rejoint cette paroisse simplement pour occuper ses journées mais sa bonne volonté n’était pas suffisante lorsqu’il lui fallait joindre ses mains pour obtenir grâce. Mais il l’avait compris et avait pris le temps de l’éclairer, suffisamment pour que ses prières soient moins difficiles ce soir et elle ne pouvait que l’en remercier silencieusement, les mots lui paraissant trop futiles pour formuler parfaitement sa reconnaissance pour ce qu’il lui avait offert. Elle pouvait compter sur lui et ce même pour taire son nom auprès de la Mère supérieure quand il lui posera des questions qu’elle avait soulevées en premier dans une quête de réponses qu’elle n’osait pas exiger de leur Mère. Son expression se fit toutefois un peu gênée lorsqu’il parla de peur, parce qu’il avait vu juste et elle se sentait sotte d’être effrayée par une femme qui ne voulait que leur bien. « Merci. dit-elle en lui adressant un sourire timide, jamais véritablement sereine lorsqu’il était question de l’instigatrice de leur Église, avant de poursuivre. Je sais, c’est juste… Elle m’impressionne et je sais pas ce qu’elle pourrait penser de moi si elle venait à apprendre que ce que vous nous enseignez à l’Église ne me suffit pas pour apprécier Sa bonté miséricordieuse. Je ne veux pas la décevoir et lui faire penser que je peux vous causer des problèmes. » La conversation dévia à nouveau et bientôt, l’image de leur Mère supérieure fut oubliée pour laisser place à ces garçons maintenant devenus adultes dont elle ignorait leur situation, ne pouvant qu’espérer les recroiser un jour, s’ils parvenaient eux aussi à se prouver méritants et obtenir cette seconde chance qui leur permettrait de fouler le même sol, s’ils n’étaient pas déjà dix pieds sous terre. Elle lança un sourire optimiste au prêtre alors qu’elle se laissa espérer à imaginer revoir leurs visages vieillis quelques années plus tard et à imaginer ce qu’il lui restait à découvrir et à voir dans cette longue vie qui venait simplement de commencer, en un sens.

Son imagination cependant mise en sourdine dès lors que le souvenir dont elle venait de se rappeler repris sa place de droit au centre de ses pensées lorsque Rafe lui demanda ce qui avait bien pu la troubler lorsqu’ils ne faisaient que s’amuser dans l’eau. Elle ne pouvait pas lui en vouloir de poser la question après toutes celles qu’elle lui avait adressées et la manière dont la joie avait quitté ses traits pour ne laisser qu’une expression fade et troublée alors qu’elle se voyait rayer une partie de son enfance d’une photographie d’un autre temps alors qu’elle riait encore quelques instants plus tôt. C’est pour cela que malgré ses mots maladroits, elle s’essaie à lui donner une réponse satisfaisante, une explication floue qui n’en est pas une pour la simple et bonne raison qu’elle ne parvient pas à s’expliquer elle-même ce phénomène ou ces brins de vie qui s’assemblaient sans véritablement avoir de sens entre eux. De toute manière, cela importe peu puisqu’il ne l’entend pas mais ça, elle ne se rend compte que lorsqu’elle ose le regarder en face à la fin de son monologue raté, trop gênée pour s’exprimer en le regardant auparavant et maintenant trop soucieuse pour se préoccuper de ce qu’il aurait bien pu penser de ce qu’elle venait de dire. L’homme en face d’elle n’a plus rien à voir avec l’homme jovial assis à ses côtés il y a encore quelques minutes et elle ne peut qu’imaginer avec appréhension ce qui a bien pu se passer dans son esprit entre temps. Elle s’en inquiète et vient même à lui demander s’il s’était souvenu lui aussi, de ces souvenirs que l’on préférerait oubliés pour ne pas avoir à revivre ces moments à nouveau et lorsqu’il lui avoue qu’il préférerait se rappeler de rien, elle le comprend. Elle a pensé la même chose à l’issue de son premier souvenir quand la souffrance déchirante qu’elle avait ressentie lui avait paru trop lourde à porter et alors qu’elle voulait tant savoir ce que lui cachait son passé auparavant, elle avait maintenant peur de le savoir. Mais malgré tout, de manière vicieuse, passé la frayeur de découvrir la vérité, cela n’avait fait qu’attiser sa curiosité davantage. Rien ne l’avait jusqu’ici poussé à adopter une opinion aussi catégorique que la sienne à ce propos, ce qui lui faisait redouter à la fois ce dont il avait pu se souvenir et ce dont elle pourrait finir par se rappeler. « Je crois pas avoir ressenti quelque chose d’aussi bouleversant que toi... Elle se sentait gauche et craignait que ses paroles fassent plus de mal que de bien, n’ayant jamais été bien douée pour trouver les bons mots pour réconforter autrui, si Rafe souffrait même de maux qu’il était possible de conforter. Son regard instigateur toujours teinté d’inquiétude, elle écouta toutes ses questions s’enchaîner rapidement mais parvenait difficilement à les comprendre et déterminer où il voulait en venir et ce qu’il attendait d’elle alors elle resta là à l’observer comme l’on regarde un animal blessé que l’on veut aider à toux prix sans savoir comment s’y prendre. Je pense que pas grand monde n’est prêt à entendre ces réponses pour le moment, voire pour toujours. Ça effraie, à juste raison sans doute. Elle ne pouvait imaginer ce dont il avait pu se rappeler d’aussi effroyable pour le mettre dans cet état et pour être sincère, elle craignait de le savoir, s’estimant bien moins courageuse que le prêtre pourtant chamboulé en raison de ce souvenir impromptu. Elle lui offrit un sourire compatissant, faute de savoir quoi faire de mieux, alors qu’il vint à s’excuser de gâcher une après-midi qui lui était réservée alors qu’il n’en était rien et qu’il ne pouvait pas se fourvoyer plus que cela. T’en fais pas Rafe, t’excuse pas. Ce n’était pas mon après-midi mais la nôtre et ça t’est tombé dessus sans que tu demandes quoi que ce soit, c’est normal que tu réagisses comme ça. J’aimerais pouvoir t’aider davantage. » La main qu’elle avait posée sur son bras vint capturer celle qui s’était posée sur elle pour la serrer comme pour mieux appuyer ses mots et tenter vainement de lui apporter un piètre soutien. Elle aurait voulu le rassurer mieux que ça, comme il avait pu la rassurer sur la raison de leur présence ici mais il lui manquait la sagesse ou la foi nécessaires, si ce n’était les deux à la fois, bien que toute la difficulté de la foi était de croire en des choses sans détenir la véritable absolue mais de s’y abandonner aveuglément malgré tout.

Elle ne cessa de le fixer, de peur qu’elle le perde à nouveau dans les méandres de souvenirs trop horribles pour qu’il ne sorte de sa rêverie entier et inchangé. L’on disait bien souvent que les ignorants étaient heureux et alors qu’elle le regardait, elle ne pouvait penser que c’était vrai, à le voir aussi chamboulé par une vie qui n’était plus la sienne, lui qui ne cessait de se racheter à Ses yeux chaque jour et d’aider ses prochains à suivre sa voie. Il n’y avait plus que de la tristesse dans ses yeux clairs lorsqu’il lui demanda si elle avait été malmenée dans ses propres souvenirs, craignant de ne pas lui donner une réponse qui l’apaiserait et qui lui ferait comprendre qu’il n’était pas seul face à sa peine. Car s’il n’était pas seul à ses côtés et qu’il pourrait toujours compter sur elle comme il lui avait promis qu’elle pouvait compter sur lui, bien qu’elle n’osait pas lui avouer à haute voix, elle ne pouvait lui promettre d’avoir vécu la même chose que lui et avoir vécu une souffrance identique à la sienne. Elle détourna le regard un instant pour observer les vagues au loin, s’humectant les lèvres au passage, avant de reposer son attention sur lui. « Non, pas vraiment. Pas du tout même, selon la définition que tu donnes à malmener. Repensant à son premier souvenir, bien plus poignant et douloureux que celui qu’elle avait pu avoir dans l’eau, ses yeux tombèrent sur le sable à leurs pieds, qu’elle fit glisser entre ses doigts tandis que ses lèvres esquissèrent un léger sourire teinté d’amertume. Il ne m’est pas arrivé quoi que ce soit de spécial, j’ai juste ressenti des émotions très fortes, plus fortes que tout ce que j’ai pu vivre depuis mon réveil. J’ai perdu quelqu’un que j’avais sans doute déjà perdu et ça m’a crevé le cœur, même si je suis pas certaine qu'il m'en restait un avant ça... Juste un gâchis de peine insurmontable et de haine dans un ensemble qui ne voulait pas dire grand-chose. Elle pouvait encore sentir son cœur se fendre comme il l’avait fait devant ce cercueil alors elle se pressa à chasser ce souvenir de ses pensées et reposer son regard sur celui de Rafe pour finir de lui répondre convenablement. Je voudrais pas le revivre mais je m’estime pas malmenée pour autant. Désolée resta coincé en travers de sa gorge, ne parvenant pas à sortir pour lui exprimer sa peine de ne pouvoir compatir à Dieu sait ce qu’il avait vécu pour une seconde fois, sans aucun avertissement pour se préparer à un tel souvenir. Parce qu’elle l’était désolée, désolée que cela lui arrive alors qu’il ne le méritait pas et elle ne pouvait lui offrir que serrer sa main pour le lui faire comprendre, un pauvre sourire triste aux lèvres comme si cela pouvait faire quoi que ce soit. Je sais pas ce dont tu t’es rappelé mais peut-être que... Elle voulut le rassurer mais la fin de sa phrase se perdit dans un rire déçu à moitié soupiré parce qu’il lui paraissait idiot et malvenu de lui faire croire qu’elle avait la moindre idée de la raison pour laquelle il devait se taper des souvenirs qu’il n’avait pas la moindre envie de revivre. A vrai dire, j’en sais rien pourquoi ça nous arrive. Je sais même pas si on mérite vraiment ce châtiment mais d’une certaine façon, je l’espère. Autrement, ça serait injuste de nous faire souffrir pour des choses pour lesquelles l’on a déjà souffert et ce ne serait plus une seconde chance que nous vivons mais un enfer personnalisé par nos propres démons. Son regard s’était à nouveau perdu dans l’horizon pour y chercher des réponses encore une fois en vain alors que c’est tout ce qu’ils demandaient, assis là sur cette plage abandonnée, à comprendre ce qui leur arrivait et ce qu’on attendait d’eux mais ils devaient se débrouiller seuls, seuls pour mieux Lui montrer qu’ils étaient dignes de ce qu’Il leur avait offert. Mais Il n’est pas injuste. T’es un homme bon Rafe, je vois pas pourquoi il voudrait te faire souffrir si ce n’était pas pour te rendre plus fort et te rapprocher encore davantage de Lui. En tant que Son messager, tu dois porter des peines plus lourdes que les nôtres mais ça ne fait que confirmer que tu mérites amplement cette seconde chance. Plus que la plupart d’entre nous. » Dans un éternel cercle vicieux d’échanges de regards et de fuite, ses yeux retrouvèrent les siens mais ils n’étaient plus préoccupés, seule de la sincérité se reflétant dans ses pupilles.
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Rafe
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MessageSujet: Re: (rafhan) the wave i could never tame.   Dim 6 Aoû - 13:43

THE WAVE I COULD NEVER TAME
siobhan & rafe
As if the first cut wasn't deep enough, I dove in again 'cause I'm not into giving up. Could've gotten the same rush from any lover's touch, why get used to something new? 'Cause no one breaks my heart like you. And you kiss me, and you wish we could see what happens next. For a moment, I can forget what happens in my head. If I doubt you, will you come through with a happy second chance? A happy ending but this time you don't leave me sinking


L’appel de la foi était subtile, mais lorsqu’il venait à être porté aux oreilles des Hommes, il était impossible de lui résister. Toute résistance était vaine, et pourtant, le réconfort, lui, était certain. Je ne comprenais pas ceux qui persistaient à se détourner de l’Eglise, pour vivre leur vies de malfrats cupides. J’avais bien plus de curiosité et d’empathie pour ceux qui hésitaient, ceux qui cherchaient sans oser embrasser la foi. Tel était mon rôle, les ramener dans les préceptes des bonnes actions pour qu’ils Lui démontrent combien ils sont dignes de Sa confiance. Mais être digne n’était en aucun cas l’étape finale, et je venais de le comprendre avec Siobhan. Enfin, les épreuves quotidiennes étaient là pour marquer ma foi un peu plus, la renforcer probablement et je ne pensais pas avoir à subir ce genre d’épreuves. Je ne m’étais jamais senti doté d’un quelconque destin spécial, je pensais avoir déjà eu mon épreuve terminale lorsque j’avais trouvé la foi, en perdant presque la vie. Mais Il n’avait fait que rallonger mon ardoise et creuser mes dettes envers Lui. Finalement, je me demandais pas si je n’étais pas seulement bon qu’à Le décevoir. Ce soir, le cuir viendrait brûler et marquer un peu plus mon épiderme. Ce soir, mes prières seront de sel et de sang, car je le mérite. Véritable loup dans la bergerie, je ne pouvais m’empêcher de réfléchir et de me perdre, laissant à Siobhan une enveloppe corporelle vide en guise de partenaire. Je me demandais seulement, pourquoi maintenant ? Pourquoi tant de peine ? Pourquoi supprimer nos souvenirs pour finalement nous forcer à affronter ce que je présumais être les pires d’entre eux ? Il ne pouvait être sadique, ou pervers. Les Hommes l’étaient, oui. Et, ne dit-on pas qu’Il nous a fait à Son image ? Je refuse de Le croire capable d’une telle bassesse d’esprit. Lui, ne pouvait être que grand et nous inspirer à nous élever, non pas à sa hauteur, mais à un niveau qui nous permettrait de devenir meilleurs. Encore faut-il s’y maintenir, non ? Les questions s’enchaînent, se déchaînent à mesure que j’esquive le regard de Siobhan, pour mieux le chercher quelques secondes plus tard. Je prends sa main dans la mienne et la remercie, silencieusement, avant de la libérer aussi délicatement que possible, bien qu’encore tremblant dans ma chair. Elle n’avait pas besoin de mot, seulement son regard, ou ses gestes suffisaient. Sa présence, était bien plus que suffisante. Je n’étais pas prêt à entendre une quelconque vérité, seulement à poser des questions toutes aussi idiotes les unes que les autres. Alors, lorsque je me confonds en excuse, elle me pardonne mes offenses, sans émettre un quelconque jugement. Je lui souris, maigrement, mais avec toute la sincérité du monde. C’était tout ce dont j’avais besoin, et elle m’en avait fait prendre conscience. Parfois, je ne pouvais qu’être Son messager. Parfois, je me sentais redevenir homme et dans ma chute, j’avais trouvé Siobhan, une fidèle mais surtout, une amie et Lui seul avait combien les cœurs valeureux étaient rares.

J’en ignorais encore toute sa splendeur. Son souvenir n’avait pas été tendre, lui non plus. Et je préférais revivre cent, mille fois, ce souvenir, plutôt qu’elle n’en ait à souffrir à nouveau. Je fixe mes poignets un instant, encore et l’observe, son regard qui se fait fuyant. Elle avait perdu quelqu’un, et je venais raviver sa peine avec mon égoïsme. Ma mâchoire se serre, alors que je cherche ses iris pour les éviter aussitôt. « Je ne voulais pas te confronter à ça à nouveau, pardonne-moi Siobhan. J’espère que cette personne aura trouvé la paix et bien sûr que tu as un cœur, immense et bien plus fort que ce que tu ne crois. Sinon, tu ressentirais pas tout ça. » Elle m’apporte un élément de réponse. Je doutais que Siobhan mérite un tel châtiment. Le but serait donc de nous pousser vers la foi, en nous rappelant ceux à quoi nous avons échappé, de temps à autre ? Je pose ma large main sur son épaule frêle, en signe maladroit de réconfort et de soutien. Je l’écoute, elle réussit à capter toute mon attention. Sa théorie d’un enfer personnalisé pousse ma main à abandonner son épaule, qui vient se poser contre ma tempe creusée par mes balafres et je réfléchis. Il ne pouvait pas être capable d’une telle malice. Il ne pouvait être injuste, et mauvais. Il ne pouvait qu’être vertueux et s’assurer que nous étions dignes de Lui, et pour cela, Il imposait des épreuves. Je posais à nouveau mon regard sur elle, lorsque je me rendis compte que nous devions nous en sortir seuls, mais qu’il valait mieux être seul ensemble que séparément. « Il cherche à nous rendre meilleurs, tout le temps, sans qu’on arrive à se complaire dans la bonté des actions que nous faisons. Il n’y a rien de pire que la vanité, c’est un vrai poison. » Je lève les yeux au ciel, l’observe, jusqu’à ce que mes pupilles se retrouvent brûlées par le soleil. Je sens mes joues se teinter alors que je passe ma main derrière ma nuque. Je finis par déglutir, espérant recouvrer une couleur normale. Je ne comprenais pas comment elle pouvait me voir ainsi. Je ne faisais que ma mission, rien de plus. Enfin nos yeux se croisent, et je n’y trouve que de la sincérité et une bienveillance qui me fascinaient. Sans m’en rendre compte, je me retrouve absorbé par son regard, espérant y trouver des réponses silencieuses et réconfortantes. Je prends à nouveau sa main dans la mienne et me relève, l’entraînant avec moi dans un effort qui n’en était pas un. Je les capture soigneusement, sans quitter un seul instant son regard. « Merci Siobhan, tu n’imagines pas combien je te dois. Il faut rentrer, le dernier bus ne va pas tarder. » Je relâche délicatement ses mains et range nos affaires avant de les porter et de marcher à une allure posée vers l’arrêt le plus proche. J’ignorais ce qui me pesait sur le cœur alors, si c’était les souvenirs de la torture, le retour à la réalité, ou l’idée de savoir qu’un tel échange ne sera pas prêt de se manifester à nouveau. Lorsque le bus arrive enfin, je la laisse prendre place en premier avant de rejoindre Varakes. Je passe lentement mais fermement ma main sur mon torse, j’avais mal, et je craignais que ce poids ne soit pas le dernier à venir s’ajouter.

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(rafhan) the wave i could never tame.
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